Prison avec sursis requise contre le maire qui avait menacé avec un sabre des gens du voyage

Prison avec sursis requise contre le maire qui avait menacé avec un sabre des gens du voyage© JACQUES DEMARTHON / AFP
Richard Trinquier, maire de Wissous.
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Alcoolisé, muni d'un katana et d'une étoile de shérif, le maire de Wissous Richard Trinquier avait menacé des gens du voyage installés sur le parking d'une crèche en construction. Une amende de 1 500 euros et de la prison avec sursis ont été requis.

Le parquet d'Evry (Essonne) a requis le 10 octobre une peine de quatre mois d'emprisonnement avec sursis à l'encontre du maire Debout la France de Wissous, Richard Trinquier, pour avoir menacé des gens du voyage avec un sabre japonais.

Le ministère public a également requis une amende de 1 500 euros à l'encontre de l'édile. «Vous avez donné à la fonction que vous exercez un côté guignolesque», a tancé le procureur.

Quatre mois d'emprisonnement avec sursis et une amende de 500 euros à l'encontre d'un membre de la communauté des gens du voyage, qui comparaissait pour avoir menacé le maire, ont également été requis par le procureur.

Les faits se sont déroulés début avril lorsqu'une dizaine de caravanes se sont installées sur le parking d'une crèche en construction de cette ville de la banlieue parisienne de 8 000 habitants. 

Alors que la police municipale tentait de négocier une solution de relogement, en fin de journée, Richard Trinquier, alcoolisé, s'était rendu sur les lieux. Gilet pare-balles sur le dos, étoile de shérif siglée «police» accrochée à sa veste, il avait exhibé un katana d'un mètre de long avec lequel il aurait menacé des contradicteurs.

A la barre, l'édile de 69 ans, costume gris clair et voix posée, a martelé avoir agi en état de légitime défense, arguant s'être senti menacé : «J'ai eu peur. J'étais dans une situation de stress, je pensais que j'allais mourir.»

Interrogé sur le choix du sabre, il explique d'abord que c'«est une arme à caractère défensif et pas offensif», puis déclare qu'étant en partie d'origine asiatique, «le katana faisait sens». «Vous ne faites pas le maintien de l'ordre dans la péninsule asiatique !», lui rétorquera le procureur.

«Est-ce qu'aujourd'hui je referais la même chose ? Non, je pense que je réfléchirais. En revanche, demain, je le referais parce que j'ai une certaine conception de mon devoir», a dit l'élu local, qui n'a eu de cesse, durant l'audience, de pointer «l'absence de la police nationale» au moment de l'altercation.

Son avocat, Gilles-William Goldnadel, a loué un «homme d'honneur», un «maire valeureux» qui se «donne corps et âme pour 500 euros [ses revenus en tant que maire]».

Le jugement est attendu le 21 novembre.

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