La direction du Parti communiste français mise en minorité après un vote historique de ses militants

La direction du Parti communiste français mise en minorité après un vote historique de ses militants© Ludovic Marin Source: AFP
Le député communiste André Chassaigne, porteur du texte qui a mis en minorité celui proposé par Pierre Laurent (image d'illustration).

Peu avant son congrès de novembre, les communistes ont voté sur l'orientation que devait prendre le parti. Ils ont rejeté la proposition de base commune, défendue par la direction, battue par un texte alternatif menée par le député André Chassaigne.

C'est une première dans l'histoire du parti. En près d'un siècle d'existence, la direction du Parti communiste français (PCF) n'avait en effet jamais été désavouée par ses militants. C'est désormais chose faite. Le 6 octobre, le PCF a publié le résultat du vote de ses adhérents quant à l'orientation du parti. La proposition de base commune, adoptée par le Conseil national et soutenue par le secrétaire national, Pierre Laurent, Le communisme est la question du XXIe siècle, n'a recueilli que 37,99% des suffrages exprimés. Traditionnellement, le texte proposé par la direction réalise des scores hégémoniques, dignes de la culture de consensus du parti.

Sur les quatre textes en compétition, les communistes ont ainsi préféré, avec 42,15% des voix, le programme du député du Puy-de-Dôme, André Chassaigne, intitulé Pour un manifeste du Parti communiste du XXIe siècle. Ce dernier remettait en cause la stratégie menée par la direction du PCF. «Nos directions successives ont été gagnées par le renoncement, jusqu’à des choix qui ont déstabilisé et déstructuré notre parti», soulignait la contribution arrivée en tête des suffrages.

Elle affichait en outre un scepticisme à l'égard de Jean-Luc Mélenchon, allié insoumis lors de la dernière élection présidentielle de 2017 : «Il ne cache pas son objectif : fusionner au sein d’une nouvelle formation sociale-démocrate les composantes du Front de gauche, dans la confusion entre réformistes et révolutionnaires.» Le texte regrettait effectivement que le PCF n'ait pas présenté de candidat à la présidentielle de 2017 et ait fini par soutenir Jean-Luc Mélenchon, sans participer à sa campagne – une période très mal vécue par les militants communistes.

Le désaveu des militants pour la stratégie menée depuis plusieurs années par Pierre Laurent, patron du PCF depuis 2010, est évidemment un camouflet pour ce dernier. Après cette défaite, il a tenu à communiquer sur les réseaux sociaux en restant positif. «J'en prends acte», a ainsi réagi le numéro un du Parti communiste sur Twitter, notant «des résultats partagés» et «pas de majorité pour avancer». «Les semaines qui viennent nous appellent toutes et tous au travail commun, nous avons devant nous un immense débat [...] j'y mettrai toute mon énergie», a-t-il poursuivi.

André Chassaigne n'a, de son côté, pas boudé son plaisir : «C'est un formidable signal d'espoir et cela témoigne d'une nouvelle ambition politique pour notre parti», s'est-il félicité.

Les différents leaders du PCF vont maintenant tenter de s'entendre pour enrichir le texte proposé par André Chassaigne qui devrait faire figure de nouvelle base d'orientation du parti. Cette synthèse sera présentée lors du congrès extraordinaire qui se tiendra du 23 au 25 novembre à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), bastion communiste historique.

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