Le ministre de l’Agriculture promet une protection renforcée aux boucheries et abattoirs

Le ministre de l’Agriculture promet une protection renforcée aux boucheries et abattoirs© Jacques Demarthon Source: AFP
Un boucher chasse une jeune militante, membre d'un groupe vegan et anti-spéciste, à Paris le 22 septembre 2018.

Après l’incendie volontaire d’un abattoir dans l’Ain et plusieurs dégradations de boucheries commises par des militants de la cause animale, le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert a annoncé qu'il assurerait la protection de ces établissements.

En réaction à plusieurs incidents et dégradations impliquant des militants vegans ou anti-spécistes contre des commerces de vente de viande, le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert a promis des protections «assurées, renforcées».

Interrogé dans l’émission Audition publique sur Public Sénat et LCP, le ministre de l'Agriculture a décidé de déployer l'artillerie lourde pour leur venir en aide. Il a mentionné plusieurs volets : une «vigilance accrue assurée par les services de sécurité autour des magasins», des protections assurées par «le ministère de l'Intérieur [...] là où il y a déjà eu des dégradations», et des enquêtes menées pour pouvoir «trouver les responsables et les sanctionner à la hauteur de leurs forfaits». L'incendie criminel partiel d'un abattoir dans l'Ain le 28 septembre, sur lequel plane l'ombre des militants de la cause animale, a semé l'émoi dans la communauté des filières de la viande. Quelques bouchers lillois, dont les commerces ont été dégradé par des vegans, ont de leur côté embauché des vigiles

Stéphane Travert a rappelé que les bouchers avaient fait l'objet de l'attention du ministère de l'Intérieur, qui les a reçus en juillet. Il avait alors assuré son soutien «à la filière bovine, à toutes les filières». «Les bouchers se sentent en difficulté et nous devons les protéger», a-t-il appuyé.

Tout en refusant de s'attaquer aux associations anti-spécistes, dont l'existence dépend du droit fondamental qu'est la liberté d'association, il a blâmé leur discours. «Rien n’autorise les amalgames qui ont été faits par ceux qui défendent la cause animale. Rien n’autorise à mélanger la Shoah et les actes qu’ils ont perpétrés devant des boucheries ou devant des abattoirs», a-t-il clamé. 

Estimant que le «débat [pouvait] être mené de manière apaisée», Stéphane Travert a déclaré que ses services reviendraient «peut-être sur le question du bien-être animal». Pour mémoire, en avril 2018, les Etats généraux de l'Alimentation dans lequel son ministère était particulièrement impliqué, ont refusé toutes les requêtes des défenseurs des animaux. Ils réclamaient notamment la vidéosurveillance dans les abattoirs ou la fin des cages à poule. Mais tous les amendements du projet de loi agriculture et alimentation liés aux animaux ont été balayés par la majorité. Le durcissement de la cause anti-spéciste est peut-être à mettre en perspective avec l'indifférence dont a fait preuve le gouvernement face aux requêtes des défenseurs de la cause animale.

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