Emmanuel Macron et le doigt d'honneur : des explications qui mettent de l'huile sur le feu ?

Le chef d'Etat s'est appliqué à commenter la polémique suscitée par une photographie prise au côté d'un jeune adoptant une gestuelle déplacée. S'il l'assume pleinement, Emmanuel Macron semble toutefois peiner à convaincre de sa démarche.
Après le tollé provoqué par une photographie d'Emmanuel Macron accompagné d'un jeune Saint-Martinois faisant un doigt d'honneur face à l'objectif, le président de la République a souhaité expliquer sa démarche. Toutefois, la tentative de dédramatisation du chef d'Etat semble avoir du mal à convaincre au delà de son de son camp politique.
Interrogé par la presse le 30 septembre sur la polémique, Emmanuel Macron s'est positionné en père de la nation, en déclarant entre autres : «J'aime chaque enfant de la République, quelles que soient ses bêtises.» En outre, plutôt que de déplorer le geste déplacé de son compagnon d'un jour, le président de la République, après avoir rappelé le contexte de la photographie, a misé sur une rhétorique prônant la tolérance. «On ne tirera rien des discours de haine [...] il faut arrêter de penser que notre jeunesse, parce qu'elle est d'une certaine couleur ou à un moment a fait des bêtises, il n'y a rien à en tirer», a-t-il insisté.
Un phrasé loin de faire l’unanimité, qui semble au contraire avoir mis de l'huile sur le feu...
A l'antenne de RMC, la commentatrice Fatima Aït Bounoua a déploré qu'après le discours d'Emmanuel Macron, le débat ait dérivé sur la couleur de peau du protagoniste au côté du président de la République alors que l'indignation initiale avait été provoquée par ce qu'il avait fait.
#Macron - "On fait comme si on s'attaquait à cette photo pour ce que le jeune homme est, alors qu'on s'y attaque pour ce qu'il fait." @fatimaxx#GG_RMCpic.twitter.com/es3BCKUidE
— Les Grandes Gueules (@GG_RMC) 1 octobre 2018
Ironisant sur la complaisance du président de la République, l'essayiste et blogueuse Coralie Delaume a pour sa part rappelé l'épisode d'un retraité placé en garde à vue en avril 2018 après avoir adressé un doigt d'honneur à Emmanuel Macron.
Ah, ces jeunes... / Vosges : un retraité en garde à vue après un doigt d'honneur adressé à Macron https://t.co/TjMe9lF4OR
— Coralie Delaume (@CoralieDelaume) 1 octobre 2018
Réagissant au discours d'Emmanuel Macron, un autre internaute a quant à lui souhaité établir un parallèle entre cet épisode et une scène de juin 2018, dans laquelle le chef d'Etat recadre un jeune l'ayant interpellé par un «Ça va Manu ?!».
Et dire qu'il y peu un pauvre collégien sa faisait "allumer" en public pour avoir osé l'appeler "Manu". Il aurait du faire un doigt d'honneur, manifestement #Macron préfère! https://t.co/awvYjBI68g
— titispong (@titispong) 30 septembre 2018
Au lendemain de l'explication apportée par Emmanuel Macron, le chroniqueur Eric Naulleau a de son côté joué la carte de l'humour, en recourant à un jeu de mots : «Emmanuel Macron est allé réaffirmer aux Antilles que la France était le pays des doigts de l'Homme.»
Emmanuel Macron est allé réaffirmer aux Antilles que la France était le pays des doigts de l'Homme. pic.twitter.com/HGLelup4oU
— Eric Naulleau (@EricNaulleau) 1 octobre 2018
Optant également pour le second degré, l'humoriste Fabrice Eboué a aussi décidé de commenter la polémique peu après les explications du président de la République. Tournant en dérision un supposé faible d'Emmanuel Macron pour «les Noirs torses-nus», il imagine ainsi la naissance d'un nouveau mouvement : «Il y a eu les sans-culottes, il va y avoir les sans T-shirts.»
#MacronAntillespic.twitter.com/MIFixOskx4
— fabrice eboué (@fabriceeboue) 1 octobre 2018