Le maire de Montreuil réquisitionne des bureaux pour loger des migrants

- Avec AFP

Le maire de Montreuil réquisitionne des bureaux pour loger des migrants© Chritophe Archambault Source: AFP
Jeunes migrants à Paris (image d'illustration).

Dénonçant une situation «invivable» pour les migrants qui étaient logés dans un foyer insalubre de sa commune, le maire communiste de Montreuil a décidé de les loger dans des locaux réquisitionnés pour l'occasion.

Le maire communiste de Montreuil en Seine-Saint-Denis, Patrice Bessac, a réquisitionné le 26 septembre au matin des bureaux inoccupés appartenant à l'Etat pour y loger 150 travailleurs migrants qui vivaient jusque-là dans un foyer selon lui «indigne». 

«J'ai décidé de faire cette réquisition car la situation était totalement invivable pour ces hommes», a-t-il déclaré après avoir passé une nuit dans leur foyer la semaine dernière. «Des rats passent sur les gens qui dorment, des matières fécales tombent parfois du plafond lorsqu'ils prennent leur douche, c'est invivable, indigne», a-t-il ajouté au cours de cette opération largement médiatisés.

Vers 6h, il a procédé à la réquisition administrative de 1 500 mètres carrés de bureaux vides, anciennement occupés par l'Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa) et situés dans sa commune. Environ 150 travailleurs migrants qui vivaient jusque-là dans le «foyer Bara», ont pris possession des lieux.

Ce foyer où résident 250 à 300 personnes, en majorité d'origine malienne, doit bientôt être détruit et reconstruit, selon un protocole signé en 2013 avec l'Etat et Coallia, le gestionnaire du lieu. En attendant, les «conditions de vie des résidents se dégradent chaque jour», dénonce la mairie qui dit avoir sollicité l'Etat à maintes reprises pour trouver une solution de relogement temporaire.  

«Après deux ans et demi de dialogue, de bureaucratie, j'ai décidé de mettre un coup de pied dans la fourmilière», a poursuivi Patrice Bessac.

Dans la journée, la vie s'organisait dans le bâtiment où 320 lits, des sanitaires et des cuisines ont été livrés par la ville. En fin d'après-midi, le maire a annulé le conseil municipal et a appelé à un «rassemblement populaire de soutien» devant l'Afpa. Quelque 400 personnes se sont rendus à ce rassemblement, selon la municipalité. 

«Beaucoup d'élus étaient à l'intérieur des locaux», entourés par des CRS, a expliqué à l'AFP la municipalité, selon qui le quorum nécessaire à la tenue du conseil municipal n'aurait pas pu être atteint. Contactée par l'AFP, la préfecture de Seine-Saint-Denis a dénoncé «très fermement» cette installation dans des locaux «totalement inadaptés en terme de sécurité».  

Dans un communiqué, le préfet de Seine-Saint-Denis a fustigé une «opération d'occupation comportant des actes d'une violence particulière» et réalisée «en ayant recours à des modes d'action contraires aux règles d'emploi de la police municipale». Il a annoncé avoir saisi le procureur de Bobigny ainsi que la «juridiction administrative compétente».

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