Licence américaine ou non, la fabrication des Patriot en Ukraine demandera encore un à deux ans
Source: Gettyimages.ruL'autorisation politique évoquée par Washington ne suffira pas à lancer rapidement une production ukrainienne de missiles Patriot. Selon des experts militaires cités par WELT, la mise en place des capacités industrielles et technologiques nécessaires pourrait encore prendre entre un et deux ans.
L'Ukraine pourrait devoir attendre entre un et deux ans avant de produire ses premiers missiles Patriot, même si les États-Unis lui accordent une licence de fabrication, rapporte ce 10 juillet WELT.
Le 8 juillet, lors du sommet de l'OTAN, le président américain Donald Trump a affirmé être prêt à autoriser Kiev à fabriquer elle-même ces missiles. Toutefois, le quotidien allemand souligne qu'une décision politique ne permet pas, à elle seule, de lancer une production industrielle. Avant d'y parvenir, l'Ukraine devra obtenir le transfert des technologies américaines, construire une usine spécialisée, acquérir les équipements nécessaires, certifier les fournisseurs et mettre en service les chaînes de fabrication.
Pour l'expert en armement Markus Schiller, les premiers missiles opérationnels ne pourraient sortir des lignes de production qu'au bout d'un à deux ans. Il estime que les entreprises ukrainiennes pourraient, dans un premier temps, fabriquer certains composants, comme les moteurs, tandis que les éléments électroniques les plus complexes continueraient d'être fournis par les États-Unis.
WELT rappelle que la fabrication des missiles Patriot sous licence américaine reste limitée à un nombre restreint de pays. Au Japon, la mise en place de cette production a nécessité environ cinq ans. En Allemagne, la construction de la première usine européenne a débuté en 2024 et les premières livraisons ne sont attendues qu'en 2027.
Le journal précise qu'il n'est pas encore établi quelle version des missiles pourrait être produite en Ukraine. Il pourrait s'agir des PAC-2, équipés d'une ogive à fragmentation, ou des PAC-3, plus récents, qui détruisent leur cible par impact direct et sont notamment conçus pour intercepter des missiles balistiques.
De nombreux experts avertissent par ailleurs que, même si une usine venait à être construite sur le sol ukrainien, elle s'imposerait rapidement comme l'une des cibles prioritaires de l'armée russe.
De son côté, la Russie a affirmé à plusieurs reprises que les livraisons d'armes ainsi que le transfert de leur production vers l'Ukraine ne modifieraient pas la situation sur le terrain, mais ne feraient que prolonger l'escalade.