Perpignan : un député LREM aurait poussé la communauté gitane à troubler l'ordre public (VIDEO)

Perpignan : un député LREM aurait poussé la communauté gitane à troubler l'ordre public (VIDEO)© RAYMOND ROIG Source: AFP
Des habitants du quartier Saint-Jacques de Perpignan manifestent contre les travaux de démolition, le 30 juillet 2018.

Mediapart révèle qu'un député LREM aurait poussé des gens de la communauté gitane à intervenir pour faire arrêter des travaux de démolition dans un quartier gitan de Perpignan. Il les aurait incités à «faire peur» pour faire pression sur le préfet.

Un article publié sur Mediapart ce 21 août révèle que dans la ville de Perpignan, et plus précisément dans le quartier gitan de Saint-Jacques, les habitants se sont mobilisés pour arrêter la destruction d'immeubles jugés insalubres par la municipalité. Selon Mediapart, le député local LREM Romain Grau aurait conseillé aux gitans de «faire peur» en appelant à troubler l'ordre public, pour éventuellement justifier une intervention du préfet dans le dossier.

Avant la mise en place du chantier entrepris par la mairie LR, Romain Grau aurait ainsi réuni un groupe de quelques personnes de la communauté gitane leur glissant quelques mots : «Si on ne leur fait pas peur, le préfet ne peut pas s’associer à ça. Le préfet, sa compétence, ce n’est pas la rénovation de la ville. C’est l’ordre public.» Pour mettre fin aux travaux de démolition de l’îlot Puig, lieu de vie de la communauté gitane, le député aurait ajouté : «Je ne veux pas vous inciter à la violence mais il faut leur mettre la pression.»

Interrogé par RT France à ce sujet, l'adjoint LR au maire de Perpignan Olivier Amiel a justifié l'urgence de la rénovation du quartier. «Il y a une situation urbaine qui est assez catastrophique avec des risques d'effondrement, avec des périls d'insalubrité ce qui nous implique d'impacter de nombreux immeubles avec parfois des démolitions», a-t-il affirmé. «Evidemment, cela a fait naître certaines craintes. Il y a une crainte d’être chassé du quartier et une crainte que la gentrification pour faire en sorte qu'il n'y ait plus de logements abordables pour la population qui connaît des difficultés sociales», a-t-il poursuivi, avant de conclure : «C'est vrai qu'il y a quand même cette crainte d'une partie de la population et que certaines personnes, certaines associations politisées, certains élus ont tenté de manipuler ces personnes en jouant sur leurs peurs.»

Du côté de l'opposition au projet de rénovation du quartier Saint-Jacques, Jean-Bernard Mathon, président de l'Association de sauvegarde du patrimoine artistique et historique roussillonnais (ASPAHR), a été reçu par le préfet. «Nous avons obtenu que la démolition soit stoppée et ne soit pas reprise», s'est-il réjoui au micro de RT France. Si le président de l'association souhaite la réhabilitation des quatre immeubles en partie démolis, la mairie, elle, veut raser les bâtiments pour en créer des neufs qui correspondent aux normes de sécurité.  

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