«Parti néo-nazi et antisémite» : la venue d'Andry Parouby à Paris indigne des députés (REPORTAGE)

«Parti néo-nazi et antisémite» : la venue d'Andry Parouby à Paris indigne des députés (REPORTAGE)
Des activistes du mouvement Svoboda arborent l'insigne de la division SS Das Reich en 2013, photo ©Gleb Garanich/Reuters

Au micro de RT France, plusieurs députés ont commenté la venue en France du président du Parlement ukrainien, co-fondateur du Parti social-nationaliste d'Ukraine. Le président de l'Assemblée évoque de son côté un fonctionnement institutionnel normal.

L'affaire prend de l'ampleur, après que le rédacteur en chef du site Les Crises, Olivier Berruyer a interpellé le président de l'Assemblée nationale, François de Rugy, qui lui a à son tour répondu. La visite du président du Parlement ukrainien (la Rada), Andry Parouby à Paris ce 11 juin ne sera pas passée inaperçue.

Le responsable ukrainien reçu à l'Assemblée a en effet co-fondé en 1991 le Parti social-nationaliste d'Ukraine, un mouvement néonazi et antisémite qui a pris par la suite le nom de Svoboda. Le mouvement n'a pour autant pas renoncé à ses références historiques sulfureuses, à l'image de l'emblème nazi de la 2e division SS Das Reich, qu'il a longtemps repris.

Accueillir quelqu'un qui est le responsable d'un parti néo-nazi et antisémite, ça fait tache

Interviewé par RT France, le député de La France insoumise (LFI) Eric Coquerel a fait part de son étonnement. «Monsieur de Rugy aurait mieux fait de ne pas se lever ce matin», a-t-il lancé, ajoutant : «Accueillir quelqu'un qui est le responsable d'un parti néo-nazi et antisémite, ça fait tache.» Se disant sidéré, il s'est encore interrogé : «Est-ce qu'on aurait reçu le parti de monsieur Hitler dans les années 1930 ?»

«Monsieur Parouby n'a jamais rompu avec ce passé, n'est jamais revenu sur ses déclarations antisémites», note de son côté le député LFI Alexis Corbière. «Andry Parouby est un homme qui [...] il y a encore quelques années [s'affichait] avec uniforme, brassard [...] le pistolet à la ceinture», a-t-il souligné, ajoutant : «On ne peut pas tout justifier par une diplomatie qui reste discutable, d'ailleurs.»

Comme il est ukrainien et antirusse, on le reçoit

«Quelqu'un qui prêche la haine dans son pays n'a pas à être reçu par le président de l'Assemblée», a déploré pour sa part Nicolas Dupont-Aignan, député de Debout la France. Et de poursuivre : «Simplement, comme il est Ukrainien et antirusse, on le reçoit.»

En dépit de valeurs éloignées de celle de la République, François de Rugy n'a pas décliné la rencontre avec son homologue ukrainien. «Il est normal que je reçoive un homologue, élu à l’issue d’élections libres. La diplomatie parlementaire, c’est parler à tous les acteurs d’une crise : je vais ainsi reprendre les contacts avec la Douma de Russie interrompus depuis plusieurs années», s'est défendu dans un tweet François de Rugy, mettant sur le même plan les parlementaires russes et le fondateur d'un mouvement néo-nazi, par ailleurs fortement impliqué dans le coup d'Etat de l'Euromaïdan ayant abouti à la destitution du président ukrainien Viktor Yanoukovitch en 2014.

Au micro de RT France, le député LREM Aurélien Taché a repris les mêmes arguments que François de Rugy, évoquant une «relation inter-institutionnelle». «Il peut y avoir ensuite des appréciations politiques ou personnelles des uns ou des autres sur le mouvement auquel le président du Parlement ukrainien appartient», a-t-il concédé, soulignant selon lui un fonctionnement normal des institutions.

Lire aussi : Un «néonazi» à l'Assemblée nationale : de Rugy assume de recevoir le co-fondateur de Svoboda

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