«Trop d'aides sociales en France» : Darmanin et Le Maire sont-ils finalement tombés d'accord ?

«Trop d'aides sociales en France» : Darmanin et Le Maire sont-ils finalement tombés d'accord ?© Charles Platiau Source: Reuters
Gérald Darmanin et Bruno Le Maire en plein travail à l'Assemblée nationale, octobre 2017, illustration

Gérald Darmanin s’est récemment distingué du ministre des l’Economie en plaidant pour le maintien de «prestations sociales individuelles» contre l’avis de Bercy. Il affirme dorénavant qu’«il n'y a pas de contradiction avec Bruno Le Maire».

De l'aveu même de Gérald Darmanin, le gouvernement souhaite mettre en place une «aide sociale unique» pour «mieux inciter» à la recherche d'emploi.

On a le droit d’avoir des sensibilités différentes

Le ministre de l'Action et des comptes publics accordait un entretien le 29 mai à la radio RTL et a martelé à plusieurs reprises son accord avec le ministre de l'Economie : «Il n'y a pas de contradiction avec Bruno Le Maire». Les deux ministres seraient donc bien sur la même ligne. Gérald Darmanin annonçait pourtant le 23 mai sur BFMTV à l'égard de son collègue : «On a le droit d’avoir des sensibilités différentes […] Mais je pense qu’il ne faut pas toucher aux prestations sociales individuelles.»

Bruno Le Maire avait quant à lui déclaré quelques jours plus tôt, le 20 mai, qu'il ne voyait pas d'inconvénient à baisser les aides sociales. «Expliquer que l'on va réduire la dépense publique sans rien toucher aux aides sociales ne serait pas cohérent, ni juste et lucide vis-à-vis des Français», avait-il prévenu au micro de CNews.

Y a-t-il eu une opération de recadrage en haut lieu, entre temps ? Force est de constater que le point de désaccord a été remarqué, comme le montre un article du journal Le Parisien, et que les rumeurs d'un nouveau couac au gouvernement semblent à présent s'être tues.

Expliquer que l'on va réduire la dépense publique sans toucher aux aides sociales ne serait pas cohérent

Si Gérald Darmanin assure au micro de RTL que les prestations sociales individuelles ne diminueront pas, il ajoute aussitôt : «Il y a une multiplicité d'allocations qui sont parfois contradictoires dans leur objectif.» Et d'expliquer à propos de la prime d'activité, destinée à encourager les chômeurs français à retrouver un travail : «En 2016 quand la prime d'activité a été créée, c'était 4 milliards d'euros. Aujourd'hui, c'est 6, alors qu'on a une croissance économique et des créations d'emplois.»

A propos des Aides ppersonnalisées au logement (APL), Gérald Darmanin a également confirmé que le gouvernement travaillait à une «contemporanisation». Il précise que l'objectif est d'éviter les situations dans lesquelles certaines personnes touchent les APL «alors qu'elles ne le méritent pas».

Une série de signaux défavorables sur le volet social

Le 18 mai, le journal Le Monde assurait avoir en sa possession le document qui préparait un plan de réduction des dépenses dans les aides sociales. Le rapport de la direction du budget, intitulé «Transformer les prestations sociales», constituait ainsi une bombe politique après la révélation par Le Parisien de l'avant-projet de loi sur la réforme du code du travail en juin 2017, la divulgation du rapport Spinetta en février 2018 pour une réforme du secteur ferroviaire et la publication en mai de la note interne pour privatiser la SNCF.

Lire aussi : Baisse des aides sociales : l'Etat lance-t-il une nouvelle offensive contre les plus démunis ?

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