Le grimpeur malien sans-papiers reçu par Emmanuel Macron à l'Elysée

- Avec AFP

Le grimpeur malien sans-papiers reçu par Emmanuel Macron à l'Elysée
Capture d'écran Twitter de la performance

Le Malien sans-papiers qui a sauvé un enfant à Paris le 26 mai a reçu les honneurs d'une partie de la classe politique. Le 28 mai, il est reçu par le locataire de l'Elysée. D'aucuns réclament déjà sa régularisation.

Mamoudou Gassama, jeune Malien sans papiers de 22 ans devenu un «héros» après avoir sauvé un enfant suspendu dans le vide, doit être reçu le matin du 28 mai par le président Emmanuel Macron.

Son acte spontané, filmé le 26 mai, a été vu des millions de fois sur les réseaux sociaux où son geste spectaculaire a été célébré. En quelques secondes, il a escaladé la façade d'un immeuble parisien pour sauver un enfant suspendu dans le vide au quatrième étage. 

«Cet acte d’une immense bravoure, fidèle aux valeurs de solidarité de notre République, doit lui ouvrir les portes de notre communauté nationale», a ensuite tweeté le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux. 

SOS Racisme demande à Beauvau de régulariser le héros

Pour SOS Racisme : «Mamoudou Gassama nous rappelle utilement que les personnes en situation irrégulière sont des êtres humains, avec [...] l'immense courage dont beaucoup ont fait preuve dans leur périlleux voyage vers l'Europe. Un courage qu'ils continuent souvent à manifester ici.» L'association demande, dans un communiqué, au ministre de l’Intérieur de «régulariser la situation de monsieur Gassama, qui a su faire preuve d’un courage aussi rare qu’admirable».

Le philosophe Bernard Henri-Levy a lui aussi appelé à «naturaliser de toute urgence» le jeune homme.

Il est environ 20h le 26 mai lorsque les pompiers sont alertés par des passants qui ont vu un enfant suspendu dans le vide au quatrième étage d'un immeuble du nord de la capitale française, dans le XVIIIe arrondissement

Sur place, ils découvrent qu'un jeune homme a porté secours à l'enfant, âgé de quatre ans. «Par chance, il y avait quelqu'un qui avait une bonne condition physique et qui a eu le courage d'aller chercher l'enfant», ont déclaré les pompiers à l'AFP.

La scène, spectaculaire, a été filmée par des passants ébahis qui s'étaient regroupés en bas de l'immeuble. Sur la vidéo, on voit l'homme escalader à mains nues et en 30 secondes environ quatre balcons de la façade de l'immeuble, pour récupérer l'enfant qui se trouvait suspendu par une main, dans le vide, à l'extérieur du balcon, et le mettre en sécurité.

Diffusée sur les réseaux sociaux, la vidéo est rapidement devenue virale, avec déjà plus de six millions de vues le 28 mai.

Retrouvé par des médias 24 heures après son geste, Mamoudou Gassama, raconte alors son aventure. «J'ai vu beaucoup de monde en train de crier, et des voitures qui klaxonnaient», a-t-il expliqué. «Je suis monté comme ça et, Dieu merci, je l'ai sauvé. [...] J'ai eu peur quand j'ai sauvé l'enfant et puis on est allés dans le salon, je me suis mis à trembler, je n'arrivais plus à tenir sur mes pieds, j'ai dû m'asseoir», a-t-il ajouté, ému.

Selon les premiers éléments de l'enquête, l'enfant s'est retrouvé seul sur le balcon en l'absence des parents à leur domicile.

Les réactions politiques louant le courage du jeune sauveteur n'ont pas tardé le 27 mai. «Un grand bravo à Mamoudou Gassama pour son acte de bravoure», a réagi sur Twitter la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, qui s'est entretenue avec lui au téléphone «afin de le remercier chaleureusement».

«Il m'a expliqué être arrivé du Mali il y a quelques mois en rêvant de construire sa vie ici. Je lui ai répondu que son geste héroïque est un exemple pour tous les citoyens et que la Ville de Paris aura évidemment à cœur de le soutenir dans ses démarches pour s'établir en France», a-t-elle ajouté.

La présidente LR (opposition) de la région Ile-de-France Valérie Pécresse a également réagi sur Twitter : «Hommage et reconnaissance au sauveteur du jeune enfant qui n'a écouté que son courage.»

Peu après les faits, on a appris de source judiciaire que le père de l'enfant, né en 1981 et sans antécédent judiciaire, avait été placé en garde à vue pour avoir laissé son enfant sans surveillance. Il devait être déféré au tribunal de Paris dans la soirée du 27 mai en vue de poursuites judiciaires. L'enfant a été placé dans une structure d'accueil. Sa mère n'était pas à Paris au moment des faits.

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