France

Main tendue de Dupont-Aignan sur l'immigration : LR s'oppose à un accord, le FN dit «Pourquoi pas ?»

La vice-présidente de LR, Virginie Calmels, ne souhaite pas d'accord entre son parti et Debout La France sur l'immigration, quand bien même l'un et l'autre proposent un référendum sur le sujet. Le FN, lui, se dit ouvert à la discussion.

Les Républicains (LR), seule force politique entravant l'union des droites ? Pour la vice-présidente de LR Virginie Calmels, en tout cas, l'idée d'un accord avec Debout la France (DLF), c'est «non», comme elle l'a expliqué sur l’antenne de RTL Matin le 7 mai.

Virginie Calmels répondait ainsi à Nicolas Dupont-Aignan, leader de DLF, qui avait suggéré un rapprochement avec Laurent Wauquiez le 6 mai sur l'antenne d'RTL, dans l'émission Le grand jury. Le chef de parti lui proposait une réunion de travail avec Marine Le Pen et lui-même sur le thème de l’immigration. Partant, il appelait les deux partis à lancer avec le sien un «référendum d'initiative partagée» sur le sujet. «Les rencontres et les échanges c'est une chose, en revanche je ne souhaite pas d'accord, je ne souhaite pas de mélange des genres politiciens», a tranché sans ambages la vice-présidente de LR.

Des différences fondamentales entre LR et DLR ?

Pour elle, le soutien du chef de DLF à Marine Le Pen, lors du second tour de la présidentielle, reste rédhibitoire.«Nicolas Dupont-Aignan s'est rapproché, ça n'a échappé à personne, au second tour de la présidentielle de Marine Le Pen. Aujourd'hui il essaierait de se rapprocher des Républicains. Ça, c'est de la tambouille politicienne», a-t-elle dénoncé.

Sur le fond, elle a évoqué des différences fondamentales de socles de valeurs pour réaliser le projet d’union des droites caressé par le chef de DLF – quand bien même Laurent Wauquiez multiplie les propositions «dures» en matière migratoire ou sécuritaire, et défend lui-même l'idée d'un référendum sur l'immigration. «Nous avons suffisamment de choses qui nous séparent du Front national ou de Nicolas Dupont-Aignan pour que la droite se reconstruise fermement sur ses fondamentaux», a-t-elle conclu.

Le FN, de son côté, ne serait pas opposé à un projet commun de référendum. Au sujet de celui-ci, proposé par Nicolas Dupont-Aignan, Jordan Bardella, porte-parole du FN, a ainsi répondu «Pourquoi pas?», sur les ondes de Sud Radio le 7 mai. «Qu'il y ait un certain nombre de constats communs, ça me semble être une réalité, avec Nicolas Dupont-Aignan, bien sûr», a-t-il poursuivi.

Il a toutefois émis une réserve envers la personne de Laurent Wauquiez, «qui a quand même participé à un gouvernement, celui de Nicolas Sarkozy, qui a fait un peu plus d'immigration que sous Jospin». Pour autant, Jordan Bardella envisage pour les élections européennes une liste d'union des droites, qui pourrait comporter des membres des Républicains, ceux qui lui «apparaissent comme sincères».

Dupont-Aignan pour une alliance de Wauquiez à Le Pen

Ce 6 mai, outre une proposition de rencontre avec Marine Le Pen et Laurent Wauquiez sur le thème de l'immigration, le leader de Debout la France a, une fois encore, appelé plus globalement à une union trans-partisane des droites. «Je leur dis, nos électeurs attendent l'union, nos électeurs n'en peuvent plus du flux migratoire inconsidéré», a-il lancé. «Ce que je veux c'est un trio avec un FN qui veut évoluer et des Républicains qui ne soutiennent pas la politique d'Emmanuel Macron», a-t-il proposé, évoquant «une première brique pour la réconciliation des droites». A l'appui de son argumentation, il a estimé que les divisions étaient «artificielles» entre les partis : «Laurent Wauquiez parle comme Marine Le Pen et donne des propositions plus dures qu'elle», fait-il valoir.

Nicolas Dupont-Aignan dessine depuis la rentrée de septembre 2017 cette stratégie d'union des droites, se disant effrayé par le «tête-à-tête Macron-Mélenchon». Il préconise une alliance des forces «patriotes», sous un programme commun. En octobre, il a contribué au lancement d'une plateforme participative, «Les amoureux de la France», visant à réunir une coalition pour permettre l'élaboration d'un programme contre la politique d'Emmanuel Macron. A ses côtés, notamment : le président du parti chrétien-démocrate, Jean-Frédéric Poisson. Le leader de DLF, en outre, ne semble pas contre une présence de Florian Phillipot, leader du parti souverainiste Les Patriotes, dans son projet d'alliance anti-Macron.

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