Ingérence : le ministère du Travail impose le silence à l'Inspection du travail sur la grève SNCF

Ingérence : le ministère du Travail impose le silence à l'Inspection du travail sur la grève SNCF© Emmanuel Foudrot Source: Reuters
Les employés de la SNCF à une manifestation contre les plans de réforme du gouvernement à Lyon, le 19 avril

Mediapart a obtenu la copie d'un courrier envoyé par le ministère du Travail aux agents de l’Inspection. Il leur demande de ne pas se prononcer sur le paiement des jours de repos entre deux jours de grève à la SNCF. Une ingérence malvenue ?

Le sujet du paiement des jours de repos entre deux jours de grève est actuellement au cœur d'un conflit entre syndicats et direction de la SNCF. A l'aide d'un courrier qu'il s'est procuré, le site Mediapart révèle le 28 avril que la Direction générale du travail (DGT), qui dépend du ministère du Travail, a demandé «aux agents de l'Inspection du travail de ne pas se prononcer sur le conflit qui oppose la SNCF aux cheminots à propos des retenues de salaire pour les jours de repos intercalés entre deux jours de grève».

Interrogés par l'AFP, les syndicats de l'Inspection tempêtent : «En enjoignant aux agents de ne pas remplir leur mission, le ministère du travail se place directement aux côtés de la direction de la SNCF», dénonce la CGT. La pilule passe d'autant plus mal d'après Mediapart que la DGT «explique travailler à une position commune avec le ministère des Transports». Or, ce dernier, administré par Elisabeth Borne, est le principal acteur de la réforme ferroviaire controversée, soutenue par la direction de la SNCF.

En outre, les syndicats CFDT-Cheminots, CGT et Unsa ferroviaire ont assigné la SNCF en justice, demandant qu'il soit fait interdiction à la SNCF de considérer que les préavis de grève déposés «s'analysent en un mouvement unique et de pratiquer en conséquence des retenues sur salaire supérieures à la durée de l'interruption de travail».

Les organisations CFDT, Unsa et CGT ont lancé début avril une grève en pointillés sur un rythme de deux jours sur cinq jusqu'à fin juin. Mais la SNCF considère leurs différents préavis d'arrêt de travail comme constituant un seul et unique mouvement contre la réforme ferroviaire, ce qui lui permet de ne pas payer un certain nombre de jours de repos aux grévistes.

Les syndicats contestent cette interprétation, arguant déposer pour chaque période de deux jours de grève des préavis différents.

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