Nanterre, Lille : les blocages se poursuivent dans les universités, les CRS interviennent (IMAGES)

Nanterre, Lille : les blocages se poursuivent dans les universités, les CRS interviennent (IMAGES)© CHRISTOPHE ARCHAMBAULT Source: AFP
Les CRS devant l'entrée de l'université de Nanterre

L'université Paris-Nanterre a été partiellement fermée le 9 avril après l'occupation de bâtiments par des étudiants opposés à la réforme de l'accès à l'université, un blocage qui a entraîné l'intervention des forces de l'ordre, déployées en nombre.

Plusieurs universités françaises ont vu, le 9 avril, les forces de l'ordre intervenir pour déloger des étudiants qui manifestaient contre la loi relative à l'orientation et la réussite des étudiants (ORE).

La présidence de l'université de Nanterre a ainsi fait savoir dans un communiqué que «trois bâtiments, ceux abritant le département des sciences sociales et de psychologie», avaient été occupés le 9 avril au matin. Elle a ainsi décidé de fermer la plupart des accès à l'université, les limitant au personnel administratif et aux enseignants.

Les forces de l'ordre sont intervenues à la mi-journée dans cette université pour déloger les étudiants protestataires, selon de la préfecture des Hauts-de-Seine.

Dans un communiqué, la présidence de Nanterre a assuré qu'«un groupe d'une vingtaine d'individus, non identifiés, s'[était] introduit par effraction». «Leurs revendications, extrêmement larges, [...] vont de la loi ORE au soutien au peuple kurde en passant par le retrait de la loi asile et immigration et le soutien à Notre-Dame-des-Landes», poursuit le communiqué.

Les CRS sont intervenus dans les bâtiments des sciences sociales pour déloger «une vingtaine de personnes», selon la préfecture de police de Paris. Des jeunes se sont même retranchés sur le toit d'un bâtiment, selon deux étudiants mobilisés.

Interrogée par l'AFP, Elodie, une étudiante présente sur place et impliquée dans le mouvement, a parlé, elle, d'«une cinquantaine d'étudiants» réfugiés «sur les toits» après l'arrivée des forces de l'ordre qui se sont déployées à l'intérieur et autour des bâtiments.

«Les CRS sont partis à 14h30 alors les étudiants et les personnels en lutte sont entrés dans la fac pour débattre pacifiquement. Nouvelle intervention policière. Violences, coups de matraque, étudiant menotté», a pour sa part relevé l'une des internautes.

Certains témoins ont photographié des scènes confuses entre étudiants et forces de l'ordre.

La Coordination nationale étudiante (CNE), opposée à la réforme de la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal, a appelé à une nouvelle mobilisation sur les campus le 10 avril.

Situation similaire à Lille

A Lille, six cars de CRS étaient stationnés le 9 au matin à proximité du campus de Moulins et des agents de la ville nettoyaient les tags d'opposition sur les murs. A midi, des cheminots en grève avaient rejoint une centaine d'étudiants sur le parvis de la faculté, faisant face aux policiers.

Les étudiants de Lille, du mouvement Génération.s de Benoît Hamon, ont dénoncé dans un communiqué une «démonstration disproportionnée de la force publique avec la complaisance du président de l’université de Lille» et demandé le «retrait immédiat des CRS», «l’aménagement des examens, leur délocalisation, leur report ou leur annulation».

Selon un étudiant, qui a posté une vidéo du face-à-face, la situation était particulièrement tendue entre les deux parties.

Selon la préfecture, il n'y a pas eu d'incident «significatif» et les élèves ont pu entrer pour passer leurs examens à 14 heures.

La situation sur les autres campus restait mouvante, avec de nouveaux blocages ou des occupations levées chaque jour : les sites de Saint-Martin-d'Hères (université de Grenoble-Alpes), du Patio à Strasbourg, ou La Victoire à Bordeaux n'assuraient pas les cours. Des étudiants ont brièvement tenté de bloquer le campus de Pessac-Talence, avant d'y renoncer. La ministre chiffre à six ou sept campus le nombre de sites bloqués, sur les 400 répartis sur la France. Parmi ceux-ci : Jean-Jaurès à Toulouse depuis décembre, Paul-Valéry à Montpellier depuis mi-février et Paris-8 en région parisienne, plus récemment. S'y est ajoutée Rennes-2, le 9 avril. Quant à Tolbiac (Paris-1), occupé depuis le 26 mars et théâtre de violents affrontements entre pro- et anti-blocus, la découverte le 8 avril de cinq cocktails Molotov à l'intérieur du bâtiment a déclenché l'ouverture d'une enquête, qui devra déterminer qui est à l'origine de la fabrication de ces engins explosifs.

Le syndicat étudiant de droite UNI a déposé le 9 avril deux nouveaux recours pour demander la levée du blocage du site universitaire de Tolbiac, à Paris, après le rejet d'une première requête le 7 avril. Le tribunal administratif de Paris avait rejeté cette requête qui exigeait l'intervention des forces de l'ordre et l'arrêt du blocage de cette faculté (qui dépend de Paris 1).

Lire aussi : Blocage universitaire : des cocktails Molotov découverts à Tolbiac

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