«Elevage, esclavage !» : des végans perturbent les débats à l'Assemblée

- Avec AFP

«Elevage, esclavage !» : des végans perturbent les débats à l'Assemblée© Benoit Tessier Source: Reuters
L'Assemblée nationale (image d'illustration)

Aux cris de «Elevage, esclavage, abolition», des militants du groupe «Boucherie Abolition» ont brièvement interrompu les débats à l'Assemblée, dénonçant le manque de considération pour la cause animale dans les Etats généraux de l'alimentation.

Vêtus de t-shirts ensanglantés sur lesquels était inscrit «EGA, la honte», en référence aux «Etats généraux de l'alimentation», huit militants végans ont pris place dans la tribune du public de l'Assemblée le 29 mars avec la ferme intention de perturber les débats. Dès le début de leur action, la séance a été suspendue par la vice-présidente, Carole Bureau-Bonnard (LREM), tandis que les militants ont été rapidement expulsés par les fonctionnaires de l'Assemblée puis les forces de l'ordre, a constaté une journaliste de l'AFP.

«Je condamne avec la plus grande fermeté les personnes et groupuscules ayant ce matin comparé l'élevage à l'esclavage en tribune dans l’hémicycle. Ces propos sont indignes du travail extraordinaire de nos éleveurs», a ensuite tweeté l'élu LREM d'Ille-et-Vilaine Gaël Le Bohec, photographie de l'intrusion à l'appui.

«La sécurité est-elle garantie dans ce lieu symbolique de la République ?», s'est interrogé Hervé Saulignac (Nouvelle Gauche), en publiant une vidéo prise lors de la suspension de séance.

L'intervention des militants a eu lieu alors que le projet de loi issu des Etats généraux de l'alimentation était examiné par la commission du développement durable de l'Assemblée. Il arrivera prochainement dans l'hémicycle.

Les militants ont pu entrer soit en bénéficiant des dix places dédiées aux premières personnes s'inscrivant en ligne trois jours en amont, soit en ayant été invités par un député. Ils ont été raccompagnés à la sortie par les gendarmes qui ont pris leur identité et adresse. L'Assemblée étudie la possibilité de porter plainte, a-t-on appris de source parlementaire.

«Boucherie Abolition» revendique l'action

L'intrusion a été revendiquée sur les réseaux sociaux par le groupe «Boucherie Abolition» pour qui les EGA «n'ont abouti à aucune amélioration pour la misérable condition animale». Dans une vidéo, ils ont montré leur intervention filmée sous plusieurs angles, puis des porcs entassés dans un élevage suivi du texte «SOS, pour l'abolition de la production animale».

Sur leur page Facebook, ils se posent notamment en défenseurs des «zoopprimés», revendiquant «l'abolition universelle de l'élevage».

Dans un communiqué titré «Antispécistes : où s’arrêteront-ils ?», la Coordination rurale, deuxième syndicat agricole, s'est indignée de cette opération. «Alors qu’une militante végane s’était réjouie de la mort du boucher» du Super U de Trèbes, «voilà une preuve supplémentaire qui contredit celles et ceux qui voudraient faire passer cette idéologie comme une pensée pacifiste et tolérante», a ajouté l'organisation. La militante végane a été condamnée jeudi à sept mois de prison avec sursis pour «apologie du terrorisme».

Lire aussi : Attentat de Trèbes : une végane en garde à vue pour s'être réjouie de la mort du boucher du Super U

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