Menace terroriste : Wauquiez et Le Pen tirent à boulets rouges sur Macron et le gouvernement

- Avec AFP

Menace terroriste : Wauquiez et Le Pen tirent à boulets rouges sur Macron et le gouvernement© Benoit Tessier, Reuters / Lionel Bonaventure, AFP
Photomontage, Laurent Wauquiez et Marine Le Pen, illustration

Au lendemain des attaques de Trèbes et Carcassonne, les leaders des partis Les Républicains et Front national, Laurent Wauquiez et Marine Le Pen, ont vertement critiqué l'action gouvernementale et présidentielle en matière sécuritaire et migratoire.

«Naïf», Emmanuel Macron ? La direction des Républicains (LR) et du Front national (FN) se déchaînent contre le président de la République et le gourvernement Philippe, après les attaques djihadistes de l'Aude du 23 mars. Ils ont remis diverses propositions musclées sur la table.

Politique sécuritaire et migratoire : Laurent Wauquiez et Marine Le Pen presque à l’unisson ?

«Il faut les mettre hors d'état de nuire [les islamistes] avant qu'ils ne fassent couler le sang», a martelé dans la matinée du 26 mars le président des Républicains, Laurent Wauquiez, lors d'une allocution «solennelle» au siège parisien du parti, derrière un pupitre barré d'un bandeau noir en signe de deuil. Le leader du grand parti de la droite française a exigé le rétablissement de l'état d'urgence et «l'expulsion immédiate des étrangers [qui] incitent à la haine de la France».

Il faut arrêter de distribuer la nationalité française n'importe comment et à n'importe qui

Plus tôt, la présidente du FN, Marine Le Pen, avait formulé des exigences similaires dans l'émission Bourdin Direct sur BFMTV-RMC, en invoquant la «prévention». «Il faut arrêter de distribuer la nationalité française n'importe comment et à n'importe qui», avait estimé la présidente du parti, quand son homologue des Républicains a pour sa part fustigé les étrangers «dont les familles ont bénéficié du généreux système social de notre pays et qui se retournent aujourd'hui contre la France».

Coupable naïveté

Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes s'est cependant gardé de reprendre l'appel de Marine Le Pen à la démission du ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb. «C'est le président de la République que l'on vise», décrypte la garde rapprochée de Laurent Wauquiez, qui entend s'imposer comme premier opposant au chef de l'Etat. Laurent Wauquiez n'a d'ailleurs pas eu de mots assez durs à l'endroit d'Emmanuel Macron : «aveuglement», «irresponsabilité politique», le président de la République, selon lui, est d'une «coupable naïveté» et «ne combat pas le terrorisme».

Certains Républicains se montrent sceptiques

Richard Ferrand, chef de file des élus du parti présidentiel La République en marche (LREM) à l'Assemblée, a dénoncé sur Twitter un «concours de démagogie» qui «divise».

Chez LR, d'aucuns se sont d'ailleurs montrés prudents, voire en désaccord, avec les mesures envisagées par Laurent Wauquiez.

Je ne vais pas dire qu'avec l'état d'urgence on aurait évité ça

«Je ne vais pas dire qu'avec l'état d'urgence on aurait évité ça», a déclaré sur France Inter le chef de file des élus LR à l'Assemblée, Christian Jacob.

Lors de son passage dans l'émission l’Epreuve de vérité sur la chaîne Public Sénat, le patron des sénateurs LR, Bruno Retailleau, s'est également montré sceptique sur les propositions de Laurent Wauquiez en appelant à «appliquer l'arsenal législatif» existant.

Ces réactions politiques ont précédé la conférence de presse tenue par le procureur de la République de Paris François Molins au sujet de l'enquête sur les attentats de Carcassonne et Trèbes, dans laquelle il a notamment reconnu «la difficulté [...] de suivre les individus radicalisés». 

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