En 2014, encore plus de sans-abri ont appelé le «115» dont beaucoup de familles

Deux petites filles sans abri, place de la Bourse à Paris (2007)© Benoit Tessier Source: Reuters
Deux petites filles sans abri, place de la Bourse à Paris (2007)

L'année passée, le nombre de personnes ayant sollicité un hébergement a augmenté de 4%. Les femmes seules, et les familles sont plus nombreuses que jamais. La moitié des appelants n'a pas obtenu de réponse positive.

«Depuis le début du quinquennat de François Hollande, la situation des sans-abri s'est plutôt dégradée», déplore Florent Gueguen, directeur général de la Fédération nationale des associations de réinsertion sociale, l'organisme qui est chargé du baromètre annuel du 115.

En effet, selon les chiffres donnés par la Fnars, le nombre de personnes ayant composé le 115 - le numéro de l'urgence sociale- a augmenté de plus de 4% en 2014, comparé aux chiffres de 2012. Et lorsque l'on prend le nombre de demandes d'hébergement formulées l'année passée (centre d'hébergement, hôtels, etc.) le pourcentage explose: +26% comparé à 2012.

Si la majorité des appelants demeure des hommes, les associations ont pu constater une hausse inquiétante de demandes formulées par des familles ou par des mineurs en détresse. Les adultes avec enfants représentent désormais 39% du public (+ 16% comparé à 2012). Les femmes seules ont également été plus nombreuses à solliciter l'aide du 115 l'année passée, +30%.

Enfin, selon la Fnars, seule la moitié des personnes ayant demandé un hébergement d'urgence en 2014 s'est vu finalement proposer une solution. 48 000 personnes sont donc restées sur le carreau. Un chiffre «énorme qui ne concerne [pourtant] qu'une partie du territoire, hors Paris» s'inquiète Florent Gueguen. La cause principale de ces refus est le manque de places disponibles, souligne la Fnars, qui rappelle que chaque année le 115 ne fait finalement que «gérer la pénurie».

Un baromètre 2015, peu glorieux, qui devrait encore alimenter le débat sur les aides du gouvernement en faveur des plus démunis. En effet, depuis le début de l'été et des fortes chaleurs, les associations interpellent régulièrement le pouvoir sur le sort des sans-abri, qui meurent dans la rue.

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