Vols, nuisances, agressions : la salle de shoot parisienne au cœur de la délinquance

Vols, nuisances, agressions : la salle de shoot parisienne au cœur de la délinquance© Sebastien Bozon Source: AFP
Illustration d'un consommateur de drogue dans la salle de shoot parisienne

Ouverte en octobre 2016 après un vif débat, la salle de shoot de Paris serait à l'origine d'une montée en flèche de la délinquance. Depuis sa création, près de 1 800 infractions ont été relevées par la préfecture de police.

La colère monte entre le XVIIIe arrondissement et le Xe arrondissement de Paris, autour de la salle de consommation de drogue à moindre risque (SCMR, ou plus couramment appelée «salle de shoot»), ouverte le 17 octobre 2016, rue Ambroise-Paré.

Dernièrement, des médias rapportaient que le 27 février, une femme enceinte avait été agressée par un homme, qui avait tenté de lui voler son sac avec un couteau. Après avoir pris connaissance des statistiques de la préfecture de police, entre octobre 2016 et le 26 janvier 2018, Le Figaro rappelle, ce 2 mars, qu'aux abords de l'enceinte, «plus de 1 800 infractions ont été relevées, parmi lesquelles on trouve des infractions relatives à l'usage, la détention, la consommation de stupéfiants mais aussi des vols, des recels, des ventes à la sauvette ou d'autres infractions». En outre, durant cette période, 6 470 personnes ont été contrôlées à proximité de la salle de shoot.

Des riverains dénoncent l'insécurité

La situation est pesante pour les riverains, qui se sont rassemblés, pour certains, dans un collectif : Riverains Lariboisière-Gare du Nord. Son objectif n'est pas de faire fermer cette salle de shoot, mais de la faire déménager afin qu’elle soit installée, «comme c’est le cas à Strasbourg, loin de riverains», car elle s’avérerait «totalement incompatible avec la proximité d’habitants et de commerçants.»

Revenant sur le fait divers du 27 février, le collectif Riverains Lariboisière-Gare du Nord s'inquiète, sur Twitter : «Ambiance sereine pour les futures mamans qui vont à la maternité jouxtant cette salle... La mairie et Gaïa [association médico-sociale qui gère la salle de shoot] n'ont rien trouvé de mieux à faire que d'installer la salle de shoot en la collant à la maternité. Idée lumineuse, non ?»

Avant l'ouverture de cette salle, jamais le quartier n'avait connu une telle insécurité, un tel manque de tranquillité et une telle insalubrité

Interrogé par Le Figaro, le collectif ne cache pas son exaspération : «Avant l'ouverture de cette salle, jamais le quartier n'avait connu une telle insécurité, un tel manque de tranquillité et une telle insalubrité : affirmer le contraire est une contre-vérité que se plaisent à diffuser la mairie et l'association Gaïa.»

Afin d'étayer les raisons de leurs plaintes, le collectif diffuse régulièrement sur les réseaux sociaux des photos et vidéos témoignant du quotidien dans le quartier. Parmi ces publications, on trouve notamment la vidéo d'une bagarre «entre deux bandes rivales de toxicomanes et de dealers» devant le centre.

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