Insécurité à Mayotte : face aux violences, des syndicalistes policiers interpellent l'Etat

Insécurité à Mayotte : face aux violences, des syndicalistes policiers interpellent l'Etat© Ornella LAMBERTI Source: Reuters
Face aux manifestants, les forces de l'ordre sécurisent le siège de la Préfecture à Mamoudzou le 20 février

Après une semaine de manifestations de plus en plus violentes à Mayotte, le syndicat policier Unsa interpelle le gouvernement et réclame de nouveaux moyens pour maintenir l'ordre après qu'un membre des forces de l'ordre a été blessé à l’œil.

Des manifestants ont bloqué le 23 février durant plusieurs heures la liaison maritime entre les deux îles principales de Mayotte et s'en sont violemment pris aux forces de l'ordre, lors du quatrième jour de manifestations contre l'insécurité menées notamment par un collectif d'associations, selon l'AFP citant des sources policières. Bloquant de 10h du matin jusqu'en fin d'après-midi «la barge», ces bateaux assurant la liaison maritime entre Grande-Terre et Petite-Terre (où se situe l'aéroport), les 300 manifestants ont également empêché les habitants utilisant leurs propres moyens nautiques de débarquer via le ponton de plaisance de Mamoudzou. «Ils étaient très agressifs», a déclaré le commissaire de police à l'AFP.

Lors d'une tentative d'exfiltration des passagers, la police a été «violemment prise à partie». «Il y a eu des coups et des caillassages», a encore indiqué le commissaire, précisant que quatre interpellations avaient eu lieu à la suite de ces échauffourées. 

Manifestations et blocages depuis déjà une semaine

Mayotte connaît des manifestations et des blocages depuis le 20 février, organisés par une intersyndicale et un collectif d'associations, pour protester contre les violences commises par des jeunes depuis plusieurs semaines, notamment en milieu scolaire, qui ont poussé au droit de retrait des personnels de trois établissements de l'île ce dernier mois.

Dans un communiqué signé de son secrétaire général Philippe Capon, le syndicat Unsa Police est monté au créneau le 24 février pour appeler le gouvernement à une réaction appropriée, allant même jusqu'à demander l'aide de renforts stationnés à La Réunion : «L'Unsa Police demande un renfort rapide de la Compagnie départementale d'intervention [CDI] 974 afin de se donner les moyens de l'adage "force doit rester à la loi". Ce n'est pas la première fois qu'un mouvement social déborde en éruption de violence à Mayotte. C'est pourquoi nous exigeons une augmentation des effectifs et la création d'une CDI Mayotte.»

Un policier blessé à l’œil par un pavé

Le communiqué rappelle également qu'un membre des forces de l'ordre a été blessé : «Les manifestants dénoncent l'insécurité et interpellent l'Etat pour obtenir les moyens de lutter efficacement contre le fléau. La police est mobilisée pour maintenir l'ordre. Ce jour, le 24 février, le mouvement a pris une autre tournure : blocage du port, caillassages et attaques de policiers, attroupement devant un commissariat et le palais de justice... Mayotte s'embrase. Un fonctionnaire de la BAC, intervenant dans le village de Passamainty, a été blessé à l’œil par un jet de pavé.»

Lire aussi : Essonne : des habitants d'un immeuble frappent deux policiers puis lâchent un pitbull

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies. Cliquez ici pour en savoir plus.

Accepter