Calais : des rixes entre Afghans et Erythréens font 22 blessés, dont plusieurs par balle

Calais : des rixes entre Afghans et Erythréens font 22 blessés, dont plusieurs par balle
Illustration : une distribution de repas près de Calais le 12 janvier 2018, photo ©PHILIPPE HUGUEN / AFP

Une centaine de migrants armés de bâtons et de pierres se sont affrontés à coup de barres de fer et avec des armes à feu en marge d'une distribution de repas. Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb doit se rendre à Calais dans la soirée.

22 migrants ont été blessés à Calais ce 1er février 2018 lors de plusieurs rixes qui ont opposé des Afghans et Erythréens après une distribution de repas. Pour plusieurs d'entre eux, blessés par balle, selon le parquet de Boulogne-sur-mer cité par l'AFP, le pronostic vital est engagé. «Une centaine de migrants africains armés de bâtons ont voulu s'en prendre à une vingtaine d'Afghans», a détaillé le parquet. Ces violences se sont déroulées aux alentours de 15h30, d'après la préfecture, près du centre hospitalier de la ville.

Les Afghans sont venus pour une distribution de repas et sont tombés sur une forte présence africaine

Vers 16h, une deuxième rixe a éclaté à environ 5 kilomètres de là, sur la commune de Marck, près du centre de logistique Transmarck. «Les forces de police sont intervenues pour protéger les migrants de nationalité afghane pris à partie par 150 à 200 migrants de nationalité érythréenne», a précisé la préfecture. A l'occasion de cette rixe, six migrants ont été blessés par des «coups de barre de fer».

«Les Afghans sont venus pour une distribution de repas rue des Verrotières et sont tombés sur une forte présence africaine. On a eu un mouvement de foule qui a entraîné des blessés avec des barres de fer», a précisé le parquet à l'AFP.

Selon un journaliste de La Voix du Nord, ce même jour dans la soirée, la police était toujours  à la recherche d'une cinquantaine de migrants, encore armés de bâtons et de barres de fer.

«[En termes de victimes] on est revenu à une situation qui ressemble beaucoup à celle de 2015 [année de création de la Jungle, démantelée en octobre 2016], a commenté une source judiciaire citée par l'AFP.

Il s'agit du bilan le plus lourd depuis le 1er juillet 2017 lorsque des bagarres inter-ethniques avaient fait 16 blessés, dont un grave.

Un an plus tôt, le 26 juin 2016, d'autres rixes avaient fait 40 blessés, dont aucun n'avait été atteint gravement. 

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb attendu dans la soirée

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a annoncé sur Twitter qu'il allait se rendre à Calais. «Après les graves incidents survenus aujourd'hui, je me rends dès ce soir à Calais pour un point de situation avec le préfet, la maire de la ville et les acteurs locaux», a tweeté le ministre de l'Intérieur. Il rencontrera également les forces de l'ordre et les secours. Selon le parquet, la Direction régionale de la police judiciaire (DRPJ) et la brigade mobile de recherches de la police aux frontières vont être saisies.

Ces violences interviennent alors qu'une opération anti-squat avait été menée par la police dans la matinée.

Ces opérations qui consistent à détruire les cabanes et tentes des migrants conduisent à de fréquents heurts entre migrants et forces de l'ordre, comme ce fut le cas le 27 janvier dernier.

La dernière rixe entre migrants ayant débouché sur des blessures par balle remonte au 25 novembre 2017, lors d'un échange de tirs entre deux groupes d'Afghans, possible règlement de comptes entre passeurs. Cinq d'entre eux avaient été blessés. Le 18 janvier, un migrant avait également été gravement blessé à l'arme blanche lors d'une rixe sur une aire de l'autoroute A16 à hauteur d'Offrethun (Pas-de-Calais).

Lire aussi : Pour «intégrer durablement» les réfugiés, le gouvernement nomme un délégué interministériel

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies. Cliquez ici pour en savoir plus.

Accepter