Clap de fin pour «La comtesse est une p***» : le dernier cinéma X de Paris va fermer ses portes

Clap de fin pour «La comtesse est une p***» : le dernier cinéma X de Paris va fermer ses portes
Maurice Laroche, directeur et propriétaire du Beverley, photo ©STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Niché dans une rue du IIe arrondissement, le Beverley est la dernière salle de la capitale à projeter des films pornographiques. Mais, faute de clients et victime d'internet, son directeur a décidé de mettre la clé sous la porte à la fin de l'année.

C'est une petite institution qui disparaît, sans doute victime de la pornographie en ligne, dont l'accès trop immédiat pour les mineurs avait été dénoncé par Emmanuel Macron. Faute de spectateurs, le Beverley, dernière salle de cinéma pornographique de Paris, va fermer ses portes à la fin de l'année 2017. «Aujourd'hui, quand on fait 600 entrées par semaine, on est heureux. Il y a 20 ans, on arrivait à 1 500, 1 600», témoigne le directeur de l'établissement depuis 1983, Maurice Laroche, cité par Le Parisien daté du 2 décembre.

Un catalogue de 200 films tournés en 35 mm 

Situé dans le IIe arrondissement, au détour d'une rue discrète, mais à deux pas des Grands boulevards, le Beverley est le dernier survivant d'une industrie du film tourné en pellicule, qui s'affichait sans pudeur à Paris jusque sur les Champs-Elysées. «Au début des années 1980 [...] il y avait 20 cinémas pornos entre République et Opéra», se souvient-il alors qu'en 1976, quelque 44 salles de cinéma X étaient recensées dans la capitale.

Le Beverley n'avait toutefois pas tenté de rivaliser avec la vidéo, tombeur de la pellicule, que ce soit les cassettes VHS de Marc Dorcel dans les années 1980 ou l'explosion du gonzo sur internet à partir des années 2000. Maurice Laroche ne projette en effet dans son cinéma, qu'il a racheté en 1993, que des films en 35 millimètres. Parmi son catalogue qui compte quelque 200 films, on trouve notamment les titres évocateurs d'Extases ou encore La comtesse est une pute. Dans une interview à L'Obs en novembre 2017, Maurice Laroche faisait part de sa nostalgie : «[Aujourd'hui] on drague même avec un phone portable. Les temps changent.» Et l'esthète de lâcher : «J'aime pas trop les films de cul.»

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