Affaire Charlie Hebdo - Edwy Plenel : Manuel Valls choisit le camp de Charlie

Affaire Charlie Hebdo - Edwy Plenel : Manuel Valls choisit le camp de Charlie© Etienne LAURENT Source: AFP
Manuel Valls a été véhément contre les propos d'Edwy Plenel (Mediapart)

Dans l'affaire Charlie Hebdo - Edwy Plenel, c'est au tour de Manuel Valls de s'exprimer. Lui-même blâmé par un écrit du patron de Mediapart «qui l'allie à l'extrême droite», l'ancien Premier ministre l'accuse d'appeler «au meurtre».

«C'est très grave, c'est un appel au meurtre et on ne joue pas avec cela» : cette phrase est signée Manuel Valls, interrogé ce 15 novembre par BFMTV sur l'affaire qui oppose Charlie Hebdo à Mediapart, dans laquelle il prend finalement parti pour l'édito de Riss, directeur de la publication du journal satirique. Ce dernier avait accusé la une du dernier numéro de Charlie Hebdo de «mener une campagne générale contre les musulmans»

Manuel Valls souscrit aux propos de Riss, estimant que la formule employée par Edwy Plenel était bel et bien «un appel au meurtre» : «Edwy Plenel n'est pas n'importe qui. C'est un grand journaliste, qui a été le patron de la rédaction du Monde [...] Quand on reprend la phrase exacte d'Edwy Plenel, où il me cite par ailleurs, où il nous assimile à l'extrême droite, c'est très grave. C'est très grave. C'est un appel au meurtre. Et on ne joue pas avec cela.»

 [Edwy Plenel] nous assimile à l'extrême droite, c'est très grave. C'est un appel au meurtre. Et on ne joue pas avec cela

Poursuivant son raisonnement, l'actuel député de l'Essonne reproche à Edwy Plenel d'assimiler les musulmans aux islamistes. Il condamne son supposé soutien à Tariq Ramadan, islamologue sulfureux accusé de viols et critiqué par Manuel Valls pour son antisémitisme. «Si je reprends son expression, Edwy Plenel est d'accord avec Tariq Ramadan à 90%. Critiquer Ramadan, critiquer l'islamisme, cette idéologie de mort, c'est critiquer – si je suis Edwy Plenel – l'islam et les musulmans. C'est cela qui est insupportable et c'est lui-même qui, du coup, fait cet amalgame que j'évoquais entre l'islamisme, l'idéologie des terroristes, et l'islam et les musulmans. Et cela, je ne le supporte pas. J'ai le droit, j'ai même le devoir de me battre contre l'idéologie qui a façonné le terrorisme.»

Cette thèse est également défendue ce 14 novembre par le sénateur Laurence Rossignol qui critiquait l'approche du directeur de Mediapart, en mélangeant «musulmans et islamistes».

Edwy Plenel accusé de «complicité intellectuelle» avec le terrorisme

Pour Manuel Valls, les propos d'Edwy Plenel résonnent comme «une complaisance et une complicité intellectuelle» envers le terrorisme.

«En désignant Charlie Hebdo, au-delà de le faire aussi pour ce qui me concerne ou de le faire aussi à l'égard de Caroline Fourest, accusée de mener une croisade. Tous ces mots : guerre contre les musulmans, croisade... Ce sont exactement les mêmes mots, c'est la même sémantique, utilisés par les islamistes, utilisés par la propagande de Daesh [...] On nous désigne comme des cibles.»

On nous désigne comme des cibles

Vigoureux dans son argumentation, Manuel Valls a d'ailleurs reçu le soutien surprenant d'hommes politiques, parfois inscrits dans l'opposition. C'est le cas du député des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti, pour qui Manuel Valls serait victime des «islamo-gauchistes».

Délégué pour le parti des Républicains, Michaël Pilater a, quant à lui, souligné la «justesse» du verbe de l'ancien Premier ministre.

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