A Saint-Germain-des-Prés, Valls, BHL, Hidalgo, Fourest et Kouchner affichent leur soutien aux Kurdes

A Saint-Germain-des-Prés, Valls, BHL, Hidalgo, Fourest et Kouchner affichent leur soutien aux Kurdes© PHILIPPE LOPEZ Source: AFP
Bernard-Henri Lévy (image d'illustration).

Plusieurs éminentes personnalités se sont rassemblées le 2 novembre au cinéma Le Saint-Germain, pour assister à la projection du film La Bataille de Mossoul de Bernard-Henri Lévy et afficher leur soutien à la cause kurde.

La liste des convives ne manquait pas de grands noms : la militante féministe Caroline Fourest, le maire de Paris Anne Hidalgo, le député et ex-Premier ministre Manuel Valls ou encore le cofondateur de Médecins sans frontières et ancien chef de la diplomatie française Bernard Kouchner. Tous étaient invités à prendre la parole, le soir du 2 novembre au cinéma Le Saint-Germain, à l'issue de la projection du film de Bernard-Henri Lévy : La bataille de Mossoul, en présence du réalisateur.

Cette soirée, placée sous l’égide de la revue La Règle du jeu (fondée par BHL), de SOS Racisme, de l’UEJF, de l’Institut kurde de Paris et de la Fondation Danielle-Mitterrand–France Libertés, se donnait pour objectif de «lancer un appel à l’aide et à la solidarité» envers le peuple kurde, et plus précisément le Kurdistan irakien, dont les velléités d'indépendance sont mises à mal par Bagdad. Moins connus du grand public français, le général kurde Hajar Aumar Ismaïl et le co-fondateur et président de l’Institut kurde de Paris Kendal Nezan devaient également s'exprimer lors de cette soirée.

Des clichés de la soirée dans ce cinéma du sixième arrondissement de la capitale ont été diffusés sur les réseaux sociaux.

Selon le compte Twitter de La Règle du jeu, Manuel Valls a déclaré lors de son intervention : «Nous ne laisserons pas tomber le peuple kurde !»

Sur scène, l'ancien Premier ministre socialiste a pris la parole, estimant que nous étions dans «un moment particulier pour le monde».

Manuel Valls a ensuite rendu hommage à cette soirée, en évoquant «un beau moment de solidarité» lors de cet événement de «soutien aux Kurdes d'Irak».

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Un engagement pro-kurde radical en décalage avec la position officielle de la France

Face à cette tragédie qui rappelle les pires abandons de l’histoire européenne du dernier siècle, c’est aux amis du Droit et de la démocratie de se mobiliser pour arrêter la forfaiture

«Coupable de vouloir être indépendant au terme de cent ans de résistance contre toutes les tyrannies, le Kurdistan, qui fut en première ligne face à Daesh, est attaqué et asphyxié par ses puissants voisins : Irak, Iran, Turquie [et] abandonné à son sort par ses amis d’hier, Etats-Unis en tête», pouvait-on lire sur l'affiche de promotion de l'événement germanopratin. Et les auteurs de la soirée pro-kurde d'ajouter : «Face à cette tragédie qui rappelle les pires abandons de l’histoire européenne du dernier siècle, c’est aux amis du Droit et de la démocratie de se mobiliser pour arrêter la forfaiture.»

Si les participants à l'événement parisien semblaient soutenir pleinement les revendications des Kurdes d'Irak, la diplomatie française tient un cap différent.

Quelques jours avant l'organisation, le 25 septembre, du référendum sur l'indépendance du Kurdistan irakien non reconnu par Bagdad, Paris avait refusé de prendre parti en faveur des indépendantistes. Lors d'une conférence de presse après son discours à l’assemblée générale de l’ONU, le 19 septembre, le président français Emmanuel Macron avait souligné qu’une déclaration d’un Etat kurde pouvait déstabiliser la région, et prôné une résolution des différends entre Erbil et Bagdad dans le cadre de la constitution irakienne.

Quelques semaines plus tard, le 30 octobre, le chef de l'Etat français a appelé le gouvernement régional du Kurdistan et les autorités fédérales irakiennes «à s’abstenir de toute opération militaire et à poursuivre sur le chemin du dialogue, avec le soutien des Nations unies, afin de parvenir à une paix durable dans un Irak uni». Bagdad a de son côté lancé mi-octobre une opération de reconquête de la région pétrolifère de Kirkouk, que les Kurdes contrôlaient depuis 2014. Une position officielle française, donc, bien en-deça des espérances de BHL et de ses invités.

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