Mélenchon demande la fermeture du local de l'AF à Marseille, l'organisation dénonce un «coup de com»

Mélenchon demande la fermeture du local de l'AF à Marseille, l'organisation dénonce un «coup de com»© Capture d'écran Twitter @AF_Provence
Des militants de l'Action Française devant leur local à Marseille, après que leur local a été la cible d'une bombe artisanale fin juillet 2017.

Le député La France insoumise des Bouches-du-Rhône a écrit aux autorités pour demander la fermeture du local occupé par l'Action française. Pour la porte-parole des royalistes, Jean-Luc Mélenchon instrumentalise l'actualité pour arriver à ses fins.

Au lendemain d'un coup de filet des services antiterroristes visant dix individus présumés proches de l'ultra-droite soupçonnés d'avoir participé à des projets d'attentats, y compris contre le député et leader de La France insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon, ce dernier a écrit une lettre aux autorités afin de demander la fermeture du local de l'Action française, situé rue de Navarin à Marseille. 


Le cerveau présumé de ces projets d'attaques, Logan Alexandre Nisin, avait en effet été militant dans les rangs de l'organisation royaliste, pour une durée d'environ un an et demi, avant de la quitter et de se consacrer à ses projets radicaux.

Cette grave nouvelle met en relief, s’il en était besoin, le niveau de dangerosité et la détermination de ces groupuscules violents à l’idéologie anti-républicaine 

«Au moment où je vous écris cette lettre, j’apprends qu’une enquête de police a permis de mettre à jour qu’un réseau d’extrême droite avait préparé plusieurs attentats contre des lieux de culte et des élus, dont je fais partie. Cette grave nouvelle met en relief, s’il en était besoin, le niveau de dangerosité et la détermination de ces groupuscules violents à l’idéologie anti-républicaine», a écrit Jean-Luc Mélenchon dans sa missive, relayée sur son compte Twitter le 18 octobre.

«C’est dans ce contexte que je veux vous alerter sur la dégradation des conditions de vie des habitants de la rue Navarin à Marseille, suite à l’installation dans cette rue d’un local d’une association d’extrême droite. Depuis leur arrivée en 2014, le quotidien des habitants se dégrade continuellement jusqu’à devenir à présent dangereux», affirme le député insoumis, avant de détailler des exemples tels que des «filtrages dans la rue» ou encore des «agressions physiques». 

«Cette demande de fermeture de notre local est un feu de paille», selon l'Action française

Contactée par RT France, l'Action française Provence s'est indignée de cette demande, affirmant n'être en rien à l'origine de ce climat délétère, assurant plutôt en être la victime. 

La France insoumise n'a jamais strictement condamné les agissements des groupes d'extrême gauche lorsqu'il s'agissait d'aller caillasser des flics ou de casser des vitrines de commerçants.

«La France insoumise n'a jamais strictement condamné les agissements des groupes d'extrême gauche lorsqu'il s'agissait d'aller caillasser des flics ou de casser des vitrines de commerçant qui n'avaient rien demandé. Lors du procès d'Antonin Bernanos, la semaine dernière, Jean-Luc Mélenchon n'avait pas fait de communiqué pour dire que la violence d'extrême gauche était à bannir. Pour nous, cette demande de fermeture de notre local est un feu de paille, c'est un effet de communication», a déclaré Anastasia Palmieri à RT France. 

«Lorsqu'il dit que le quartier de La Plaine [à Marseille] a vocation à rester calme, et que les habitants demandent leur tranquillité etc, il faudrait peut être venir y mettre les pieds de temps en temps et se rendre compte que c'est un quartier qui est tout sauf calme puisqu'y règnent la drogue, les violences urbaines, les dégradations urbaines. […] Il faudrait aussi interroger les habitants qui sont contents ou qui n'ont rien à redire depuis notre arrivée car il faut savoir que nous agissons régulièrement pour effacer les tags, nettoyer les bouteilles de bières cassées dans la rue etc.», a-t-elle poursuivi.

Depuis trois ans, le local de l'Action française a déjà été visé, selon elle, par ««le dépôt d'une grenade dégoupillée, de balles de Kalashnikov dans la boîte aux lettres». «Le local a également été attaqué et ouvert avec un bélier, et a récemment été la cible d'une bombe artisanale», fait-elle remarquer. 

«Nous lui avions demandé de fermer sa page sur Breivik»

Concernant le passage de Logan Alexandre Nasin dans l'organisation monarchiste, «un an et demi en dilettante» entre l'antenne d'Aix-en-Provence et celle de Marseille en 2015-2016, d'après Anastasia Palmieri.

[Logan Alexandre Nasin] nous a trouvés trop bienveillants, trop conciliants avec le système et pas assez pêchus à son goût.

«C'est un garçon qui était assez particulier, il n'adhérait pas forcément à notre doctrine royaliste. Il était assez seul, pas très intéressé par la pensée intellectuelle. Il nous a trouvés trop bienveillants, trop conciliants avec le système et pas assez pêchus à son goût», a affirmé Anastasia Palmieri concernant le départ du militant d'ultra-droite, qui voulait «faire des actions concrètes».

«Nous n'avons pas du tout eu vent de ses projets, ni de ses agissements qui se déroulaient dans l'ombre. Néanmoins, nous savions qu'il était administrateur d'une page "Les amis d'Anders Breivik", pour laquelle on lui a dit et répété inlassablement qu'il fallait absolument qu'il la ferme, que c'était absolument ridicule et que ça ne rentrait pas du tout dans le cadre de notre doctrine. Nous n'avons jamais pu le contraindre à fermer cette page, mais nous l'en avions averti», a précisé la porte-parole de l'Action française Provence. 

Arrêté le 28 juin dernier, fiché S à la suite de plusieurs actions «coup de poing» menées dans les rangs de groupuscules d’extrême droite, Logan Alexandre Nisin ne faisait pas mystère de ses positions extrémistes sur les réseaux sociaux. «Rebeus, blacks, dealers, migrants, racailles djihadistes, si toi aussi tu rêves de tous les tuer, nous en avons fait le vœu, rejoins-nous !», avait-il notamment écrit sur une page dédiée à Anders Breivik, l'auteur des attentats qui ont fait 77 morts, le 22 juillet 2011 en Norvège.

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