«Censure», «victoire du sectarisme»: la décision d'écarter Jean Messiha d'Europe 1 crée la polémique

«Censure», «victoire du sectarisme»: la décision d'écarter Jean Messiha d'Europe 1 crée la polémique© Joel Saget Source: AFP
Jean Messiha, ancien candidat du Front national aux élections législatives de 2017

L'annonce ce 29 août de la non-participation du cadre frontiste à l'émission de Christophe Hondelatte a suscité de vives réactions sur le réseau social Twitter. Marine Le Pen a fustigé le manque de pluralisme de la presse.

L'ex-candidat FN aux dernières élections législatives dans l'Aisne, Jean Messiha ne fera finalement pas partie de l’équipe d'éditorialistes choisis pour l’émission de Christophe Hondelatte sur Europe 1. Frédéric Schlesinger, vice-président de la radio, l’a confirmé ce 29 août à l'AFP. «C'est un quiproquo. Il avait été question qu'il fasse partie d'un groupe d'invités récurrents», a-t-il avancé.
Le vice-président d'Europe 1 avait expliqué plus tôt les raisons de cette éviction au site BuzzFeed News : «Christophe a fait l’erreur de communiquer là-dessus comme si c’était acquis. On a échangé, et je lui ai dit que ce ne serait pas opportun, eu égard aux polémiques que lance monsieur Messiha, notamment par voie numérique.» 

L'arrivée sur Europe 1 de cet énarque, docteur en économie, n'aura donc pas lieu, alors que cela devait être pour la radio l'une des nouveautés de la rentrée. Jean Messiha qui a été le coordinateur du programme présidentiel de Marine Le Pen devait être l'un des premiers cadres frontistes à officier comme éditorialiste sur une radio nationale, d'après BuzzFeed News. 


Sur Twitter, Jean Messiha a très vite réagi à la décision du vice-président d'Europe 1.
Il a estimé qu'elle «attisait la haine et divisait les Français». Il a aussi appelé les «patriotes» de son fil Twitter à dénoncer la censure en retweetant au maximum la nouvelle. 

«La presse a un problème avec le pluralisme», juge Marine Le Pen

Jean Messiha a reçu de nombreux soutiens de la part de responsables politiques du Front national, notamment celui de la présidente du parti, Marine Le Pen. Celle qui est arrivée au second tour des élections présidentielles françaises a déploré le manque de «pluralisme de la presse» en France, essentielle pour la «démocratie».

De son côté, Stéphane Ravier, sénateur des Bouches-du-Rhône et maire FN du 7e arrondissement de Marseille a fait un parallèle moqueur entre la nomination du journaliste Bruno-Roger Petit, comme porte-parole et conseiller à l'Elysée et la participation écartée de Jean Messiha à l'émission de Christophe Hondelatte.
Le maire FN y voit dans le cas de Jean Messiha, le symbole d'une censure en «Macronie», alors que dans le cas de Bruno-Roger Petit, il s'agirait plutôt d'une «promotion». 

David Rachline, sénateur-maire FN de Fréjus (Provence-Alpes-Côte d’Azur), fustige quant à lui la «victoire du sectarisme, de l'entre-soi» ainsi que la «défaite du pluralisme et du débat démocratique». 


Des internautes ont également rebondi sur le tweet de l'énarque frontiste. Ils s'insurgent de la participation à l'émission de la journaliste et patronne du site d'actualités Bondy Blog, Nassira El Moaddem, qu'ils ne citent pas directement. L'un des anciens journalistes du Bondy Blog, Medhi Meklat avait créé la polémique en février, après la publication de tweets antisémites et haineux sur les réseaux sociaux. 


D'autres dénoncent la «censure» dont serait victime Jean Messiha au nom de la «pluralité d'opinions» et qualifient de «sectaires» et «d'idéologues», les auteurs de cette décision. 


Un internaute qualifie de «bizarre», la décision de la radio Europe 1. Il rappelle avec ironie que de nombreuses personnalités politiques font à la rentrée leur premier pas en tant que chroniqueur à la télévision ou à la radio. Il cible l'Insoumise Raquel Garrido qui rejoint l'équipe de chroniqueurs de Thierry Ardisson sur la chaîne C8. Selon lui, Jean Messiha n'aurait pas été le seul chroniqueur «encarté dans un parti politique».

Jean Messiha, très actif sur Twitter avait annoncé mi-août sur le réseau social sa participation à l'émission «Hondelatte raconte». L'annonce de son intervention quotidienne avait suscité de vives réactions de la part des journalistes d'Europe 1.
Une pétition intitulée «Pas de place pour Messiha sur Europe 1» avait été lancée sur Change.org. 

Dans un entretien au magazine Le Point mis en ligne ce 29 août, le frontiste avait déclaré que Christophe Hondelatte lui avait proposé d'intervenir une fois par mois dans son émission, et qu'il ne devait pas s'y exprimer «en tant que frontiste», mais pour «exposer son parcours et ses idées», selon l'AFP.

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