Migrants, terrorisme, conflits régionaux : Macron décline les grands axes de sa politique étrangère

Migrants, terrorisme, conflits régionaux : Macron décline les grands axes de sa politique étrangère© POOL New Source: Reuters
Emmanuel Macron

Le président français Emmanuel Macron a exposé sa vision de la politique internationale devant les ambassadeurs français réunis à Paris pour la rentrée diplomatique. Il y a abordé les sujets les plus cruciaux. Résumé.

Le 29 août, le chef de l'Etat a donné son premier discours de politique internationale devant la Conférence des ambassadeurs à Paris. Il y a affirmé en premier lieu que «la lutte contre le terrorisme islamiste» devait être «la première» des priorités de la diplomatie française.

Sur la lutte antiterroriste

«Assurer la sécurité de nos concitoyens fait de la lutte contre le terrorisme islamiste la première de nos priorités [...]. L'angélisme n'est pas de mise, pas davantage qu'une peur de l'islam qui confond islamiste et islamique», a souligné Emmanuel Macron.

«La sécurité des Français est la raison d'être de notre diplomatie. Cette exigence est viscérale. Nous devons y répondre sans faiblir», a-t-il ajouté.

«L'éradication du terrorisme passe aussi par l'assèchement de son financement», a insisté Emmanuel Macron, qui a annoncé l'organisation d'une conférence de mobilisation contre le financement du terrorisme début 2018 à Paris. Il a aussi assuré vouloir «obtenir la transparence sur toutes les forces de financement du terrorisme».

Pour cela, le président français a insisté sur la nécessité de ne pas «choisir son camp» entre l'Arabie saoudite et l'Iran, les deux grands rivaux régionaux au Proche-Orient.

«Nous n'atteindrons notre objectif qu'à condition de ne pas entrer dans ces grilles de lecture et nous enfermer dans un camp. Certains ont choisi, c'est une erreur. La force de notre diplomatie est de parler à tous», a-t-il jugé.

Emmanuel Macron a également estimé qu'il fallait «faire davantage sur le volet du développement», notamment dans le Sahel, en soulignant que cet engagement était «indispensable pour la stabilisation de la région».

Sur la crise migratoire

Le président a par ailleurs annoncé la création d'un poste d'ambassadeur dédié aux questions des migrations.

En outre, Emmanuel Macron a fait savoir qu'il se rendrait «prochainement» à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, dans le cadre de ses efforts diplomatiques pour créer un «axe intégré entre Afrique, Méditerranée et Europe», notamment dans le cadre de la crise migratoire. 

«L'Afrique n'est pas seulement le continent des crises, c'est un continent d'avenir, nous ne pouvons pas le laisser seul», a-t-il lancé lors de son discours. 

Il a par ailleurs insisté sur le fait que l'accueil des migrants était un «devoir». Toutefois, il faut d'après lui faire une ferme distinction «entre les réfugiés et les migrants économiques». 

Sur le nucléaire iranien 

Le président Emmanuel Macron a affirmé l'«attachement» de la France à l'accord de 2015 sur le nucléaire iranien, susceptible d'être remis en cause en raison de la détérioration des liens entre Washington et Téhéran.

«Je veux confirmer l'attachement de la France à l'accord nucléaire iranien», a déclaré Emmanuel Macron devant les ambassadeurs français à l'Elysée. «Il n'y a pas d'alternative», a-t-il ajouté, prônant une «relation constructive et exigeante avec l'Iran».

Sur le Moyen-Orient

A propos du dossier syrien, le chef de l'Etat a réaffirmé que le principal ennemi de la France était Daesh. Il a néanmoins ajouté qu'il fallait, selon lui, travailler sur une transition politique dans ce pays, ajoutant que les responsables de crimes devraient être traduits devant la justice.

Il a par ailleurs déclaré qu'il avait obtenu des résultats «concrets» de la part de la Russie lors de sa rencontre avec Vladimir Poutine à Versailles, afin de réduire l'utilisation d'armes chimiques en Syrie.

Emmanuel Macron s'est aussi prononcé pour une solution à deux Etats entre Israël et la Palestine, avec Jérusalem comme capitale des deux Etats. Il s'y rendra prochainement pour discuter de la question.

Sur la Corée du Nord

Abordant la crise nord-coréenne, alors qu'un nouvel essai de missile a eu lieu le 29 août, Emmanuel Macron a souligné que la France était solidaire avec le Japon et se tenait «prête a prendre toute initiative utile pour empêcher l'escalade dans la région».

Il a appelé à poursuivre le régime de sanctions visant Pyongyang.

Sur le Venezuela

Le président a également déclaré qu'il considérait le gouvernement du chef d'Etat vénézuélien Nicolas Maduro de «dictature». 

«Nos concitoyens ne comprennent pas comment certains ont pu être aussi complaisants avec le régime qui est en train de se mettre en place au Venezuela. Une dictature qui tente de se survivre au prix d'une détresse humanitaire sans précédent, alors même que les ressources de ce pays restent considérables», a-t-il lancé.

Regardez l'intégralité du discours d'Emmanuel Macron : 

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