Cachez vos poules, c'est Yom Kippour ! La mise en garde de la préfecture du 92 agace le Crif

- Avec AFP

Cachez vos poules, c'est Yom Kippour ! La mise en garde de la préfecture du 92 agace le Crif© Amir Cohen Source: Reuters
Les juifs sacrifient traditionnellement un poulet pour la fête du Yom Kippour

Le Crif a dénoncé des propos injurieux, après que les services vétérinaires ont invité les fermes pédagogiques à prendre des précautions contre le vol de moutons et de poules durant les fêtes de l'Aïd el-Kébir musulman et du Yom Kippour juif.

Le 25 août dernier, les autorités juives de France se sont élevées contre une lettre envoyée par la préfecture des Hauts-de-Seine aux fermes pédagogiques du département les invitant à confiner leurs poules et moutons à l'approche des fêtes religieuses juives et musulmanes, respectivement du Yom Kippour et de l'Aïd el-Kébir, afin d'éviter le vol d'animaux.

Le courrier, envoyé début août par les services vétérinaires aux neuf sites concernés et révélé peu après par Le Parisien, recommande de mettre en place une surveillance accrue de leurs animaux, traditionnellement sacrifiés lors de ces fêtes religieuses. 

Immédiatement, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) Francis Kalifat a réagi auprès de la Direction départementale de la protection des populations et du cabinet du Préfet. il a notamment dénoncé «un courrier scandaleux, des propos injurieux, et un amalgame calomnieux», qui constituent selon lui un encouragement à un comportement discriminatoire en raison de la religion. Il a également rappelé qu'aucune statistique ne venait confirmer la recrudescence de de vols de poules durant la période de Yom Kippour.

De son côté, le président du Consistoire central israélite, Joël Mergui, a dénoncé, dans une tribune publiée dans Le Monde daté du 25 août, la «stigmatisation» des pratiques juives.

«J'ai été effaré de découvrir dans la presse du 22 août que j'étais devenu soudainement et collectivement, avec tous mes coreligionnaires, un voleur de poules potentiel !», s'est-il insurgé, fustigeant un «amalgame malsain» entre la fête juive «la plus sacrée» et «d'imaginaires écumeurs de basse-cour».

Les services vétérinaires se défendent de toute stigmatisation religieuse

En 2013, un communiqué de la préfecture republié le 24 août dernier faisait état du vol de 200 moutons pour être abattus clandestinement puis revendus «dans la période précédant les fêtes de l'Aïd». les bêtes avaient été retrouvées dans un bidonville rom à Châtenay-Malabry, dans le sud des Hauts-de-Seine. Six habitants du campement soupçonnés de les avoir dérobés avaient été interpellés.

Le courrier des services vétérinaires devait donc être compris «dans le cadre d'une politique générale de lutte contre la délinquance» et n'était «évidement pas destiné à stigmatiser les différents rites religieux», s'est défendue la préfecture, précisant qu'un tel courrier était envoyé chaque année depuis 2013 aux fermes pédagogiques.

Le grand rabbin de France, Haïm Korsia, s'était ému auprès du préfet «de ce courrier qui, s'appuyant sur un (soi-disant) principe de précaution, portait atteinte à l'intégrité des fidèles juifs et musulmans, en tendant à généraliser un épiphénomène». 

Les traditions religieuses musulmanes et juives veulent que les musulmans sacrifient un mouton pour l'Aïd el-Kébir, et les juifs pratiquants un poulet pour Yom Kippour. Ces rites auront lieu cette année respectivement début et fin septembre.  

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