«Pour une fois, je suis Charlie» : le monde médiatico-politique se déchire sur la Une sur Barcelone

«Pour une fois, je suis Charlie» : le monde médiatico-politique se déchire sur la Une sur Barcelone© Kai Pfaffenbach Source: Reuters
Des autocollants "Je suis Charlie"

Entre approbation, dénonciation de «dangereux amalgames» et défense de la liberté d'expression, politiques et intellectuels n'ont pas manqué de s'exprimer sur la nouvelle Une de Charlie Hebdo portant sur l'attentat de Barcelone.

L'hebdomadaire satirique a diffusé sa nouvelle Une, consacrée aux attentats en Catalogne, représentant une camionnette s'éloignant après avoir tué des passants, avec en dessous la phrase «islam, religion de paix... éternelle». Les personnalités du monde médiatico-politique ne se sont pas privées de commenter la décision éditoriale du journal, lui-même visé par un attentat qui avait décimé une partie de sa rédaction en janvier 2015. 

Le maire de Béziers Robert Ménard, habitué des polémiques, s'est félicité de cette Une, affirmant qu'elle témoignait de l'inclinaison de la gauche devant le «réel». 

«Pour une fois #JeSuisCharlie», a tweeté Emmanuel Crenne, conseiller régional FN d'Occitanie, en référence au slogan ayant suivi l'attentat de janvier 2015. 

Franck Allisio, conseiller région de PACA pour le FN, s'est félicité que Charlie Hebdo ait fait l'amalgame entre l'islam et le terrorisme.

Cet enthousiasme a été remarqué par la journaliste du Figaro Eugénie Bastié, qui s'est étonnée de «l'extase» des identitaires devant Charlie Hebdo, habitué à «leur cracher dessus en permanence».

La militante Sihamme Assbague, organisatrice du Camp décolonial interdit aux Blancs, a elle dénoncé un dessin raciste, s'offusquant que certains puissent refuser de l'admettre. 

Pour la militante Femen Inna Shevchenko, l'important reste la liberté d'expression. «J'aime Charlie hebdo parce que j'aime la liberté d'expression. Elle n'est pas négociable», a-t-elle tweeté en postant des Unes de l'hebdomadaire attaquant les catholiques ou encore le Front national. 

Une position non partagée par le député socialiste Stéphane Le Foll qui a qualifié la démarche de l'hebdomadaire de dangereuse. 

«Les amalgames sont très dangereux. Dire que c'est l'islam dans son ensemble qui serait une religion "de paix", sous-entendu une religion de mort, c'est extrêmement dangereux», a-t-il expliqué sur BFMTV.

«C'est suffisamment complexe et compliqué de tenir une société aujourd'hui, on doit rappeler à tout le monde ce sens de la responsabilité. Je n'avais pas vu cette Une, Je ne peux pas dire que je la partage. Je la conteste même», a-t-il déclaré.

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