209 brebis tuées par un ours dans les Pyrénées : Nicolas Hulot attendu au tournant par les éleveurs

209 brebis tuées par un ours dans les Pyrénées : Nicolas Hulot attendu au tournant par les éleveurs Source: AFP
Ours du parc animalier d'Aran en Espagne (image d'illustration)

L'attaque par un ours d'un cheptel de brebis dans l'Ariège a provoqué la mort de 209 bêtes. Cet incident relance la polémique au sujet de l'animal, alors qu'une décision du ministère de l'Ecologie est attendue prochainement.

L'épineuse question de la réintroduction de l'ours dans les Pyrénées refait surface cet été, alors que le nouveau ministre de l'Ecologie, Nicolas Hulot, doit annoncer prochainement une décision à ce sujet. Dans la nuit du 16 au 17 juillet dernier, 209 brebis ont chuté d'une falaise à Couflens, dans l'Ariège, dans un mouvement de panique causé par un ours. 

D'après les premières conclusions de l'enquête menée par les membres de l’Office national de la chasse et la faune sauvage (ONCFC), l'une des bêtes aurait été attaquée par un plantigrade dans les Pyrénées à la frontière espagnole. Le reste du troupeau aurait pris peur et se serait alors précipité du haut d'une falaise. 169 brebis ont été retrouvées dans le village de Lladore, du côté espagnol de la frontière, le reste du cheptel ayant été retrouvé en France. L'éleveur sera indemnisé rapidement, a annoncé la préfecture de l'Ariège.

Cet incident a ravivé la controverse autour de la réintroduction de l'ours dans les Pyrénées. La Confédération paysanne de l'Ariège réclame des mesures fortes contre ces attaques de prédateurs. «Le pastoralisme, garant de biodiversité et d'une montagne vivante et accueillante, n'est pas compatible avec la réintroduction de grands prédateurs», affirme David Eychenne, porte-parole du syndicat agricole. L'organisation presse l'Etat d'agir et de«ne pas procéder à de nouvelles réintroductions», mais également de trouver un moyen pérenne de sécuriser leur activité, au-delà d'une simple politique d'indemnisation au coup par coup.

Nicolas Hulot a d'ores et déjà annoncé qu'il prendrait une décision au cours de l'été. «Avec son arrivée au ministère de l’Ecologie, les choses vont peut-être évoluer : il a affiché une position plutôt favorable aux éleveurs victimes du loup…», veut croire David Eychenne, cité par le journal local La Gazette ariégoise. Le syndicaliste se montre néanmoins nuancé parce que «rien n'est encore annoncé», et que les défenseurs de la cause animale font également pression de leur côté pour dissuader le gouvernement de prendre des mesures qu'ils estiment nuisibles à l'ours. En outre, dans un dossier similaire, celui du loup, le gouvernement a déjà montré des signes d'indécision, balançant entre les revendications des agriculteurs et celles du milieu associatif. C'est finalement l'Elysée qui a tranché en imposant un compromis (l'abattage de 40 bêtes pour l'année 2017-2017)... jugé insatisfaisant à la fois par les éleveurs et par les défenseurs de l'animal.

Concernant l'ours, animal protégé, Nicolas Hulot pourra difficilement couper la poire en deux. Depuis sa réintroduction dans les Pyrénées sous l'impulsion de l'Union européenne, à partir d'espèces originaires de Slovénie, l'ours est régulièrement dénoncé par les éleveurs comme une menace directe pour leurs activité. Une précédente attaque avait causé la mort de 132 brebis en juillet 2016 à Luz, dans les Hautes-Pyrénées. Le massif franco-espagnol abriterait actuellement une trentaine d'ours. 

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