Paquet à 10 euros : la mesure d'Edouard Philippe loin de faire un tabac

Paquet à 10 euros : la mesure d'Edouard Philippe loin de faire un tabac© Christian Hartmann Source: Reuters
Un buraliste allume ostensiblement une cigarette lors d'une manifestation contre l'introduction des paquets de cigarettes neutres en novembre 2015

Le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé le 4 juillet devant l'Assemblée une augmentation du prix du paquet de cigarettes, qui passerait à 10 euros, sans pour autant donner de date précise. Les internautes ont aussitôt fustigé cette mesure.

Alors qu'il dévoilait la feuille de route de son gouvernement devant l'Assemblée nationale, le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé que le prix du paquet de cigarettes atteindrait les 10 euros, contre environ 7 euros actuellement, ce qui constituerait une hausse de 40%.

«Le tabac en France entraîne plus de 80 000 décès par an. C’est la première cause de mortalité évitable, et la consommation quotidienne de tabac augmente chez les adolescents. Ne rien faire est exclu», a expliqué le Premier ministre lors de sa déclaration de politique générale, promettant aussi de «lutter sans merci contre les trafics».

Le Premier ministre n'a cependant donné aucune date concernant cette mesure destinée à dissuader la consommation de tabac. Déjà lourdement taxé, le tabac rapporte à l'Etat environ 14 milliards d'euros par an.

Aussi, cette annonce a immédiatement entraîné un déferlement de sarcasmes et de critiques sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes, fumeurs ou non, dénonçant un acharnement et évoquant même une forme de racket.

Un paquet de cigarettes qui tombe de votre poche ? Une aubaine pour celui qui le ramassera, vu le prix qu'il coûte !

D'autres, ne manquant pas d'ironie, proposent aux fumeurs de passer aux cigarettes en chocolat, bien moins onéreuses et aux paquets bien plus attrayants que les paquets neutres au design morbide, à l'origine d'ailleurs de la colère des buralistes qui avaient dénoncé un acharnement lors de son introduction durant l'année 2016.

Il y a aussi ceux qui se demandent pourquoi le prix du tabac ne cesse d'augmenter de façon faramineuse, tandis que l'alcool, pourtant lui aussi très nocif pour la santé, n'est pas aussi lourdement taxé. 

Si on parle de nocivité, pourquoi ne pas taxer aussi la malbouffe ? C'est ce que se sont demandé certains utilisateurs de Twitter.

On trouve également quelques punchlines dignes d'un One man show !

Les internautes sont aussi restés dubitatifs quant à l'annonce de cette mesure en tout début du discours d'Edouard Philippe, considérant qu'il ne s'agit pas d'une priorité absolue au vu du contexte actuel.

Quelques non-fumeurs se sont également montrés sarcastiques.

Si la mesure d'Edouard Philippe passe très mal auprès des fumeurs, elle semble tout de même avoir eu un succès certains envers les fervents détracteurs de la cigarette.

Il y a aussi les sceptiques qui trouvent la mesure totalement inutile, considérant qu'une augmentation faramineuse du prix du tabac n'empêchera pas les fumeurs de fumer.

Et si un prix du tabac aussi élevé finissait par faire monter en flèche la contrebande et les braquages de bureaux de tabac ? Voici une autre question que se pose la twittosphère, malgré l'assurance d'Edouard Philippe en terme de lutte contre les trafics. 

D'autres ont appelé à des mesures plus concrètes pour lutter contre le tabagisme, comme le remboursement des patchs, bien trop onéreux pour certains.

En mars 2017, Emmanuel Macron, alors encore candidat à la présidentielle, s'était dit «tout à fait prêt» à augmenter le prix du paquet à 10 euros, mais avait à l'époque posé pour condition que les pays limitrophes fassent de même, pour éviter un boom des achats transfrontaliers.

«On ne peut pas expliquer à des buralistes et à des consommateurs qui sont à Lille, à Strasbourg ou ailleurs qu'en prenant dix minutes leur voiture, ils auront le paquet à moitié prix de l'autre côté de la frontière», avait-il alors estimé.

Lire aussi : Négociations sur le TTIP : la Commission Européenne accusée de «couvrir» l'industrie du tabac

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

En cliquant sur chaque option, vous pouvez contrôler l'activation ou la désactivation du dépôt des cookies et de la création des profils : le bandeau de couleur indique si le dépôt de cookies et la création de profils sont autorisés (vert) ou refusés (rouge). Les cookies techniques (cookies de session, d'authentification et de sécurité) sont indispensables au bon fonctionnement de nos services et ne peuvent être désactivés.
OK

Ce site utilise des cookies.

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation, de la part de RT France et de tiers, de cookies et autres traceurs à des fins de mesure d'audience, partage avec les réseaux sociaux, personnalisation des contenus, profilage et publicité ciblée. Pour paramétrer l’utilisation des cookies veuillez accéder dans la rubrique «Paramétrer vos choix» et pour plus d’informations, nous vous invitons à consulter la rubrique «Politique de Confidentialité»