NSA/écoutes: la réponse du berger à la bergère !

Paris aurait placé des stations d'écoutes dans les ports où arrivent câbles sous-marins (Marseille) © Jean-Paul Pelissier Source: Reuters
Paris aurait placé des stations d'écoutes dans les ports où arrivent câbles sous-marins (Marseille)

Selon le Nouvel Observateur, Paris aurait mis sur écoute des câbles sous-marins reliant l'Europe au reste du monde, notamment aux Etats-Unis. Un jeu de dupe entre «grands amis», qui expliquerait la modération de nos dirigeants vis-à-vis de la NSA.

700 millions d'euros. C'est le budget que le France aurait consacré à ses «écoutes» entre 2008 et 2013. Un vaste plan d'espionnage qui aurait été prorogé par François Hollande jusqu'en 2019.

Selon le Nouvel Observateur, c'est sous la mandature de Nicolas Sarkozy, que Paris se rendant bien compte qu'elle était «à la traîne», aurait décidé d'augmenter le volume de ses grandes oreilles. Le projet porté par les Renseignements français visait à intercepter les conversations transitant par les câbles sous-marins reliant l'Europe au reste du monde. Plusieurs stations d'écoutes ont donc installées à l'arrivée de ces lignes sur notre territoire. L'Obs en cite notamment trois: à Marseille, à Penmarch, et à Saint-Valéry-de Caux.

On découvre ainsi que plusieurs câbles majeurs auraient été branchés ces dernières années par les espions français dont:

  • le TAT14 vers les Etats-Unis 
  • le I-Me We vers l’Inde
  • le Sea-Me-We 4 vers l’Asie du Sud-est
  • le ACE vers l’Afrique de l’Ouest

Des opérations que le gouvernement aurait réalisées avec la complicitré des grands opérateurs de téléphonie française: Orange et Alcatel.

Lors de son arrivée au pouvoir, François Hollande aurait donc décidé de reconduire le plan d'écoutes imaginé par son prédécesseur, et aurait même ordonné de l'élargir, en «branchant» quelques câbles supplémentaires sur la période 2014-2019.

Selon l'Obs, une partie de la loi renseignement, adoptée la semaine dernière de manière définitive par l'Assemblée nationale, permettrait grâce à un obscur article (article L-854-1 ) de «légaliser» ces pratiques d'espionnage.

En savoir plus: Appels d'offres, pillages, écoutes: comment les Etats-Unis font leur beurre sur le dos des Français

Une réponse du berger à la bergère en quelque sorte. La semaine dernière WikiLeaks révélait en effet que les trois derniers présidents français avaient été écoutés par la NSA. Hier, le site de Julian Assange dévoilait également un vaste plan d'espionnage économique mis en place par Washington et ciblant tous les acteurs essentiels de la vie économique française.

Un véritable jeu de dupes entre «amis et alliés», où chacun s'exapère d'avoir été espionné, tout en tentant d'écouter l'autre ! Stéphane le Foll, le porte-parole du gouvernement déclarait ainsi mercredi dernier à propos des interceptions américaines : « entre pays alliés, c’est inacceptable, voire incompréhensible ».

Néanmoins, selon certains experts, tous les pays ne jouent pas dans la même catégorie.

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