Attentat déjoué avant la présidentielle : les deux supects auraient eu pour cible des lieux de fête

- Avec AFP

Attentat déjoué avant la présidentielle : les deux supects auraient eu pour cible des lieux de fête© Valery HACHE Source: AFP

En passant au crible les ordinateurs des deux suspects arrêtés à Marseille, les enquêteurs ont découvert de nombreuses recherches internet, faisant notamment référence à des bars fréquentés par des Russes et des Américains.

Clément Baur et Mahiedine Merabet, soupçonnés d'avoir projeté un attentat «imminent» avant l'élection présidentielle et arrêtés le 22 avril à Marseille, semblaient envisager de s'en prendre à des lieux de fête.

Si aucune cible n'a été à ce stade formellement identifiée, Europe 1 rapporte que les experts de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) ont trouvé dans les téléphones portables des suspects de nombreuses photos prises dans les rues de Marseille. Après avoir méticuleusement étudié leurs ordinateurs, ils ont également retrouvé toutes leurs recherches internet. Certaines concernaient le monde politique, mais la plupart ciblaient des lieux de fête, des bars ou encore des lieux de rassemblement spécifiques à certaines communautés, directement visées par la propagande de Daesh. Les suspects ont notamment cherché l'adresse de bars de Marseille fréquentés par des Russes, des Américains ou des Israéliens.

Plusieurs éléments laissent penser que les deux hommes comptaient passer à l'acte dans cette ville ou ses environs. Compte tenu de l'importance de l'arsenal découvert lors de leur interpellation, on peut en déduire qu'ils planifiaient plusieurs attaques. Un fusil-mitrailleur, deux armes de poing, des sacs de munition, trois kilos d'explosifs de type TATP, dont une partie prête à l'emploi, et une grenade artisanale avaient été retrouvés dans l'appartement marseillais loué par Clément Baur.

Cinq proches des suspects en garde à vue

Cinq hommes dans l'entourage de Clément Baur et Mahiedine Merabet étaient par ailleurs toujours en garde à vue le 26 avril, a appris l'AFP de source proche de l'enquête. Interpellés le 25 avril par la DGSI et le Raid, ces personnes, dont deux Tchètchènes, ainsi qu'un Sénégalais et un Kosovar, faisaient partie des «contacts téléphoniques les plus fréquents» des deux suspects mis en examen le 23 avril, a précisé cette source.

Quatre d'entre eux ont été arrêtés dans la région de Nancy, d'où étaient partis séparément fin mars Clément Baur et Mahiedine Merabet pour rejoindre Marseille, et le cinquième à Miramas (Bouches-du-Rhône).

Les enquêteurs cherchent à éclaircir la nature exacte de leur relation avec les deux suspects arrêtés à Marseille, en particulier avec Clément Baur connu pour être proche d'islamistes tchétchènes au contact desquels il s'est converti à l'islam radical en 2007 à Nice.

Avec cette arrestation, la menace terroriste avait fait irruption dans la campagne présidentielle, bouleversée deux jours plus tard par une nouvelle attaque djihadiste au cours de laquelle un policier avait été tué sur les Champs-Elysées, portant à 239 le nombre de morts dans la vague d'attentats qui frappe la France depuis 2015.

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