Privés de débat à la télévision, les petits candidats se font entendre malgré tout

Privés de débat à la télévision, les petits candidats se font entendre malgré tout
Pour le premier débat de la Présidentielle, TF1 n'a retenu que cinq candidats sur les 11 validés par le Conseil constitutionnel, illustration ©BERTRAND GUAY / AFP

Le choix de TF1 de limiter le débat aux cinq candidats en tête dans les sondages continue de susciter un tollé parmi ceux qui en sont exclus. Mais, réseaux sociaux obligent, les petits candidats trouvent là l'occasion de s'exprimer.

«C'est presque un détail, cette affaire de TF1», a lancé François Asselineau sur BFMTV ce 20 mars 2017, «ça s'inscrit dans un contexte beaucoup plus général». Quelques heures avant le débat entre les cinq «grands candidats» choisis par TF1 en fonction de leur cote dans les sondages, les autres candidats, les «petits» font entendre leur mécontentement.

«Si on appliquait le principe d'équité à l'audiovisuel», poursuit doctement le président de l'Union populaire républicaine (UPR), «on devrait donner plus de temps de parole aux candidats dont on ne connaît rien et moins à ceux dont on connaît tout», déplorant n'être invité que quelques minutes, «pour commenter l'actualité» et ne pas pouvoir aller «au fond des choses».

De son côté, Nicolas Dupont-Aignan a trouvé la solution. Cyril Hanouna, présentateur animateur de l'émission phare de C8, Touche pas à mon poste, lui offre une tribune. « Ce n'est pas à une chaîne de télévision – quelle que soit sa qualité – de sélectionner à l'avance les candidats», avait-il dénoncé plus tôt sur Europe 1.

«Ils prennent les cinq plus gros du showbiz»

Philippe Poutou, porte-parole et candidat du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), a dénoncé, un débat «inadmissible» sur Sud Radio.

«On veut aussi être du débat, discuter, défendre nos idées», a-t-il ainsi exigé. «Ce que fait TF1, c’est ce qui se passe depuis très longtemps dans les médias. TF1 le fait presque sans hypocrisie. Ils montrent clairement qu’ils se foutent du débat démocratique [...] Pour eux la politique c’est ça».

Toujours au micro de Sud Radio, Jacques Cheminade, candidat du parti politique Solidarité et progrès, a profité de l'occasion pour dénoncer le traitement médiatique dont il est, selon lui, la victime. «Les journalistes ont tout fait pour me faire passer pour un être un peu farfelu», a-t-il déploré. Nathalie Artaud a souligné pour sa part que les petits candidats ne jouaient pas «à armes égales avec ceux qu’on appelle les grands candidats».

Lesdits petits candidats semblent toutefois avoir trouvé la solution : jouer les nouveaux médias. Le média 100% web Explicite a ainsi invité Nathalie Arthaud, Jacques Cheminade et Philippe Poutou à participer à un contre débat, diffusé via Facebook Live quelques minutes avant le début du débat sur TF1. En 2017, l'élection se joue tout autant sur les réseaux sociaux et les médias alternatifs que sur les plateaux télé.

Lire aussi : EN CONTINU : Enjeux de taille pour le premier débat entre les cinq «grands» candidats

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