Macron abat ses cartes sur un programme longtemps attendu

- Avec AFP

Emmanuel Macron, accusé d'être trop vague dans ses propositions, a annoncé ses intentions de dévoiler son programme pour tenter de faire taire les critiques.

Le candidat à la présidentielle d'En Marche !, Emmanuel Macron, doit présenter son programme devant près de 300 journalistes dans la matinée du 2 mars. Selon son équipe, il s'agit d'un document d'une trentaine de pages qui s'articule autour d'une «dizaine de grands thèmes, déclinés en de très nombreuses mesures». Elle a aussi précisé que le candidat voudrait ainsi «casser l'image bâtie par ses détracteurs d'un candidat vague qui cherche en permanence à ménager tantôt à gauche, tantôt à droite».

Dans sa dernière interview au Parisien, Emmanuel Macron a dévoilé ses nouvelles propositions préélectorale, dont l'extension des allocations chômage aux démissionnaires et aux indépendants, la gestion par l'Etat de la formation continue, l'exonération de taxe d'habitation pour 80% des ménages, le renforcement des accords d'entreprise et de branche. 

Dans la domaine sociale, l'ancien ministre de l'Economie, a proposé des réformes qui ressemblent à celles d'Alain Juppé en 1995 : la fin des régimes spéciaux de retraites, avec une harmonisation progressive des règles «qui seraient les mêmes pour tous les régimes» et une «vraie fin des inégalités entre fonctionnaires et salariés du privé». 

Contrairement au projet de François Fillon, l'âge de la retraite et le montant des pensions doivent rester inchangés, tandis que le minimum retraite et l'allocation des handicapés seraient augmentés de 100 euros par mois. 

En pleine affaire Fillon, Emmanuel Macron annonce ses intentions d'interdire «aux parlementaires l'emploi de proches ou de membres de leur famille, pour mettre fin au népotisme», ou empêcher ces mêmes parlementaires d'exercer des activités de conseil.

Quant à sa stratégie pour réunir une majorité à l'Assemblée, le candidat croit pouvoir réunir «plusieurs familles politiques», avec «la gauche sociale-démocrate, les radicaux de gauche, les écologistes, le centre, la droite», autour d'un «Premier ministre fort» pour «tenir les équilibres d’une telle majorité». 

S'il compte supprimer 120 000 postes de fonctionnaires, Emmanuel Macron propose de créer entre 4 000 et 5 000 postes d'enseignants lors du prochain quinquennat. En outre, le téléphone portable ne serait pas seulement interdit en classe, mais dans toute l'enceinte des écoles et des collèges.

«La logique du programme, c'est d'enlever les verrous qui font qu'aujourd'hui les gens ne bougent pas, ne changent pas de job, de région... Mais faire en sorte qu'une fois qu'on a enlevé les verrous, les gens ne se retrouvent pas à travailler sans filet», a expliqué à l'AFP un proche du candidat.

Selon un sondage Ifop-Fiducial publié le 1er mars, Emmanuel Macron poursuit sa progression dans les intentions de vote au premier tour de l'élection présidentielle (24%, +1,5 point) derrière Marine Le Pen toujours en tête malgré un léger recul sur une semaine. Il est toujours devant François Fillon (21%, +0,5 point), Benoît Hamon (14%, +0,5) et Jean-Luc Mélenchon (11%, stable).

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