Voitures brûlées, bâtiments saccagés: la manifestation en soutien à Théo dégénère à Bobigny (IMAGES)

Des incidents ont éclaté en marge d'un rassemblement de plusieurs centaines de manifestants le 11 février à Bobigny en soutien au jeune Théo, victime d'un viol présumé lors d'une interpellation brutale le 2 février.

Rassemblés devant le tribunal de cette ville située au nord-est de Paris et encadrés par des forces de police en nombre, ils ont réclamé «Justice pour Théo».

«La police viole», «Je ne suis pas un bamboula», «La police tue des innocents», pouvait-on lire sur des pancartes.

Après plus d'une heure de manifestation, des policiers postés sur une passerelle juste au-dessus du lieu de rassemblement ont reçu des projectiles lancés par des manifestants. Des cris et des bruits de pétards ont suivi.

Des manifestants s'en sont pris à une camionnette de la radio RTL, venue couvrir l'événement. Après en avoir détruit les vitres, ils ont mis le feu au véhicule. Alors que la camionnette s'embrasait, quelques bombes lacrymogènes ont fusé autour, créant un épais nuage de fumée.

Une autre voiture a été retournée, puis brûlée.

 

Le siège du département de la Seine-Saint-Denis a également été vandalisé, les manifestants cassant les fenêtres sur leur passage avant d'être dispersés par les forces de l'ordre. 

La police a fait usage de bombes lacrymogènes, qui, avec les voitures incendiées, ont laissé la ville dans un panache de fumée. 

«Je ne comprends pas. Je ne pensais pas que ça pouvait encore exister», a confié à l'AFP Anissa, 18 ans, évoquant Théo. «Je ne comprends pas qu'on puisse dire que c'est un accident. Je ne considère pas ces hommes comme des policiers», a ajouté la jeune fille venue de la commune proche du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis). 

Les manifestants ont scandé des slogans dénonçant les violences policières, évoquant aussi Zyed et Bouna, les deux adolescents morts dans un transformateur électrique à l'origine des émeutes en banlieue en 2005, ou Adama Traoré, mort lors de son interpellation l'été dernier dans le Val-d'Oise.

Dans la nuit du 10 au 11 février, huit personnes avaient été interpellées en Seine-Saint-Denis, où les tensions consécutives au viol présumé de Théo ont baissé d'un cran, selon des sources policières. Vingt-cinq personnes avaient été interpellées la nuit précédente. 

Toujours hospitalisé, Théo, jeune homme noir de 22 ans, a raconté avoir été victime le 2 février d'un viol avec une matraque télescopique au cours d'une interpellation violente aux 3000, une cité d'Aulnay-sous-Bois.  

L'un des quatre policiers ayant procédé à l'interpellation a été mis en examen pour viol. Les trois autres pour violences.

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