Le gifleur de Valls fait appel : «Il n'y a pas eu préméditation», assure son avocat

- Avec AFP

Le gifleur de Valls fait appel :  «Il n'y a pas eu préméditation», assure son avocat© Capture d'écran de la vidéo de @Qofficiel
La scène avait fait le tour des réseaux sociaux

Le jeune homme qui avait giflé le 17 janvier Manuel Valls à Lamballe (Côtes-d'Armor) a fait appel de sa condamnation, contestant certains chefs d'accusations retenus, a-t-on appris auprès de son avocat, Marie-Françoise Blot.

Nolan Lapie a fait appel de sa condamnation de trois mois de prison avec sursis et 105 heures de travail d'intérêt général (TIG) pour «violences volontaires sans incapacité de travail avec préméditation» sur Manuel Valls, qu'il avait giflé à Lamballe le 17 janvier.

Si le jeune homme conteste aujourd'hui une peine pourtant négociée à l'amiable, c'est qu'il réfute la qualification pénale retenue, explique maître Blot : «Il n'y a pas eu préméditation», assène-t-elle. Venu à vélo à Lamballe pour échanger avec Manuel Valls sur la loi travail et le 49.3, il n'est pas venu «avec l'idée» de gifler l'ex-Premier ministre.

«On avait refusé la CRPC, dit l'avocat, mais on l'a acceptée, le couteau sous la gorge, sous la menace du parquet de solliciter la détention.» Marqué par une nuit de garde à vue, le jeune homme n'avait «pas le courage» de repasser une nuit en prison, avant sa comparution immédiate le lendemain à Saint-Brieuc.

Si l'avocat estime qu'au vu des faits, «la détention ne se justifiait absolument pas», le procureur de la République de Saint-Brieuc, Bertrand Leclerc rétorque qu'il y a «toujours un risque» de fuite avant une comparution immédiate.

Le garçon, âgé de 18 ans, avait été jugé dans le cadre d'une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), la procédure française de plaider-coupable. Autrement dit, le jeune homme avait accepté la condamnation proposée par le parquet à l'issue de sa garde à vue.

La peine avait ensuite été homologuée par un juge, qui avait également condamné le prévenu à verser un euro de dommages et intérêts à Manuel Valls, partie civile dans cette affaire.

L'affaire sera jugée devant la cour d'appel de Rennes. Mais au vu du programme d'audience chargé, elle ne devrait pas être examinée avant 18 mois, selon le parquet général.

Les faits s'étaient produits le 17 janvier, alors que Manuel Valls, candidat à la primaire initiée par le PS, serrait des mains à la sortie de la mairie de Lamballe, une petite ville bretonne à une vingtaine de kilomètres de Saint-Brieuc. Le prévenu lui avait donné une légère gifle avant d'être plaqué au sol par un membre du service de sécurité.

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