Le «rassemblement» de la gauche voulu par Hamon ne fait pas d'émules

Le «rassemblement» de la gauche voulu par Hamon ne fait pas d'émules © Jacky Naegelen Source: Reuters
Benoît Hamon

Face à la proposition de Benoît Hamon à Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon de «construire ensemble une majorité gouvernementale cohérente et durable» au sein d'un PS divisé, la majorité de la gauche affiche son absence d'enthousiasme.  

EELV et la France Insoumise ont envoyé une fin de non-recevoir à la proposition de «rassemblement» sous l'égide du Parti Socialiste faite lors du discours de victoire de Benoît Hamon à l'issue des résultats de la primaire de la gauche. 

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«Si Benoît Hamon est prêt à s’émanciper d’un Parti socialiste qui n’a jamais fait sa conversion écologiste [...], si Benoît Hamon est prêt à cette grande aventure, moi je militerai, y compris au sein de ma force politique, pour que nous nous lancions aussi dans cette grande aventure de l'écologie et du social», a affirmé le candidat EELV sur BFMTV et RMC.

Yannick Jadot pourrait-il se retirer en faveur de Benoît Hamon ?  «C'est pas le sujet», a-t-il répondu, précisant ne pas «encore» avoir reçu d'appel de Benoît Hamon. «Un bulletin Jadot existera», a-t-il conclu, écartant ainsi le retrait de sa candidature au profit du champion socialiste.

Du côté de la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, deux porte-paroles du mouvement, Raquel Garrido et Alexis Corbière, ont d'ores et déjà annoncé qu'un effacement de leur parti n'aurait pas lieu. 

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«Pourquoi veut-il voir Jean-Luc Mélenchon, pour qu'il se désiste ? Ca serait de l'arrogance solférinienne», a déclaré Raquel Garrido au micro de France Info. 

Quant à Alexis Corbière, il a déclaré que l'option de «l'effacement» de Jean-Luc Mélenchon au profit de Benoît Hamon «serait irresponsable pour le pays». «Je ne crois pas que le candidat du PS puisse être celui qui rassemble après cinq ans de François Hollande», a-t-il ajouté. 

Mathieu Hanotin, directeur de campagne de Benoît Hamon, a estimé face à ce scepticisme que «le rassemblement» de la gauche s'adressait «avant tout aux électeurs de gauche», «au-delà» des différents candidats à la présidentielle.

«Le rassemblement c'est bien au-delà des acteurs institutionnels, politiques, qui ont fait le choix d'être candidats, ça s'adresse avant tout aux citoyens de gauche», a estimé le député de Seine-Saint-Denis à l'antenne de LCI. 

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Un Parti socialiste loin d'être «rassemblé»

D'autant que le rassemblement voulu par Benoît Hamon a déjà du plomb dans l'aile au sein même du Parti socialiste, victime d'un début de défections des soutiens de Manuel Valls vers la candidature d'Emmanuel Macron. Deux députés PS ont déjà annoncé leur défection au lendemain de la primaire. 

«Malgré ma loyauté sans faille au Parti socialiste, auquel j'appartiens depuis 24 ans, il m'est, en conscience, impossible d'apporter mon soutien au vainqueur de la primaire»a annoncé le député du Cantal Alain Calmette dans un communiqué. Un argumentaire repris par le député du Maine-et-Loire Marc Goua. Selon le vallsiste Philippe Doucet, la moitié des députés réformateurs pourraient «être tentés par l'hypothèse Macron».

A ce propos, l'ex-Premier ministre a déjà fait savoir qu'il sécherait la convention d'investiture de Benoît Hamon, pour cause de vacances... 

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