Inspirée par les Pussy Riot, une chorégraphie a été délocalisée dans une église hors service à Caen

Inspirée par les Pussy Riot, une chorégraphie a été délocalisée dans une église hors service à Caen© Andrej Isakovic Source: AFP
Le groupe de punk Pussy RIot en 2014. Le spectacle de la chorégraphe Christine Gaigg s'inspire directement des activistes russes

D'abord prévu dans une église encore en service à Caen, un spectacle se revendiquant des Pussy Riot aura finalement lieu dans une église désacralisée. Ce changement de lieu a été décidé pour mettre fin à une polémique lancée par un réseau catholique.

Le père Laurent Berthout, responsable de la communication du diocèse de Bayeux et Lisieux, a annoncé le mercredi 11 janvier qu'un accord avait été conclu après la tenue d'une réunion rassemblant «les équipes du Théâtre de Caen, du Centre chorégraphique national de Caen en Normandie et du diocèse de Bayeux et Lisieux».

L'accord prévoit que le spectacle DeSacre! de la chorégraphe autrichienne Christine Gaiqq, initialement prévu pour se dérouler dans l'église Notre-Dame-de-la-Gloriette les 16 et 17 mai 2017, aura finalement lieu en l'église Saint-Nicolas. 

La solution trouvée permet de respecter la convention nouée en 1981 entre la ville de Caen et le diocèse qui «prévoit que seules les productions de musique classique peuvent être programmées» dans l'église de Notre-Dame-de-la-Gloriette, tout en évitant un scandale potentiel. 

A la différence de l'église Saint-Nicolas, l'église Notre-Dame-de-la-Gloriette n'est pas désacralisée, c'est à dire que des offices religieux s'y tiennent toujours et que le bâtiment est encore, selon la croyance catholique, habité par Dieu.

Dénoncée par le site Riposte catholique, l'annonce de la tenue du spectacle dans l'église Notre-Dame-de-la-Gloriette avait déclenché une polémique en raison du caractère volontairement provocateur du spectacle DeSacre! Cette chorégraphie mêle en effet des «danses extraites du Sacre du Printemps» et «enquête sur la performance de la danse punk rituelle du groupe féministe Pussy Riot», selon le descriptif du Théâtre de Caen.

«Danses mythiques et danses de révolte / Joie et Savoir sont les maîtres-mots de ce spectacle étonnant pour un lieu atypique», peut-on également lire sur le site du théâtre.

Le choix d'une église pour cette performance artistique n'est donc pas le fruit du hasard et illustre sans doute la volonté de la chorégraphe autrichienne de se revendiquer des Pussy Riot. Trois membres du groupe avaient été condamnées en Russie à deux années de prison pour vandalisme et incitation à la haine religieuse après avoir profané la cathédrale orthodoxe du Christ-Sauveur de Moscou en 2012.

Si les Pussy Riot ne seront vraisemblablement pas présentes à Caen en mai 2017, le spectacle est censé s'inspirer de leurs danses et de leurs motivations politiques, ce qui explique la polémique.

«Le magnifique ballet du Sacre du Printemps qui avait provoqué un scandale artistique au début du XXe siècle et la danse punk des Pussy Riot ne sont pas des scandales de même nature», a par ailleurs rappelé le père Laurent Berthout.

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