Marine Le Pen, BHL, Cambadélis... Le «non» au référendum italien fait des vagues en France

Marine Le Pen, BHL, Cambadélis... Le «non» au référendum italien fait des vagues en France© FILIPPO MONTEFORTE Source: AFP
Des affiches en faveur du «non» au référendum italien, à Rome, le 30 novembre

Le vote contre la réforme constitutionnelle défendue par Matteo Renzi a été accueilli diversement en France : les socialistes l'ont perçu comme un avertissement, alors que le FN y a vu le rejet d'une politique trop conciliante vis-à-vis de Bruxelles.

Le rejet massif (59,11%) par référendum de la réforme constitutionnelle portée par le chef du gouvernement Matteo Renzi, ainsi que l'annonce de la démission de ce dernier, n'ont pas manqué de faire réagir les dirigeants et la classe politique française. Dans un communiqué du lundi 5 décembre, au lendemain du scrutin, l'Elysée a ainsi adressé un ultime hommage à l'ancien président du Conseil italien, tout en trahissant une certaine inquiétude au regard du résultat du référendum.

François Hollande a ainsi salué le «dynamisme» de Matteo Renzi, qui a selon lui mis ses qualités «au service de réformes courageuses pour son pays», et a souhaité que l'Italie «trouve en elle-même les ressorts pour surmonter cette situation».

Soupe à la grimace chez les socialistes

Un certain nombre de responsables socialistes n'ont pas caché leur déception à la découverte du choix des Italiens du dimanche 4 novembre. Le premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Jean-Christophe Cambadélis, a par exemple regretté que la désunion de la gauche italienne ait contribué à la victoire d'une «coalition hétéroclite» et à la chute de Matteo Renzi –un clin d'œil évident à la gauche française, dont certains représentants comme Jean-Luc Mélenchon ou Sylvia Pinel refusent la tutelle, en voulant s'affranchir de la primaire organisée par le PS.

L'ex-ministre de la Culture de François Mitterrand, Jack Lang, a quant à lui confié sur France Inter ses craintes pour l'avenir de l'Europe, après un vote en faveur du «non», soutenu notamment par des formations politiques critiques vis-à-vis de l'Union européenne (UE), telles que le Mouvement Cinq Etoiles («M5S»).

Des craintes tempérées par son camarade socialiste et commissaire européen Pierre Moscovici, qui a assuré sur France 2 que l'Italie était un pays «extrêmement stable», malgré une «instabilité politique».

Dans les rangs de la gauche extérieure au PS, le sénateur écologiste Esther Benbassa a aussi paru déçu par le désaveu du gouvernement italien de centre-gauche, jugeant que Matteo Renzi tout comme François Hollande étaient en «mode autodestruction» (le président de la République française ayant, lui, renoncé à l'élection présidentielle de 2017).

Le désaveu d'un gouvernement incapable de tenir tête à l'UE, selon le FN 

Déçu par l'échec de Norbert Hofer à la présidentielle autrichienne ayant eu lieu le même jour, le Front national (FN) a toutefois trouvé matière à se réjouir dans le succès du «non» au référendum en Italie : le FN considère en effet que le peuple italien a manifesté à travers ce vote sa déception vis-à-vis de Matteo Renzi, qui se serait révélé trop docile face aux exigences de Bruxelles ces dernières années, notamment en matière de réduction des dépenses publiques et d'accueil des migrants – alors qu'il avait tenu par le passé des discours critiques sur l'austérité.

La présidente du parti, Marine Le Pen, s'est ainsi félicitée sur Twitter de la victoire du «non», et a applaudi son homologue italien de la formation anti-immigration Ligue du Nord, Matteo Salvini, qui avait fait campagne contre le projet de réforme constitutionnelle.

«Il faut écouter cette soif de liberté des nations et de protection !», s'est également enthousiasmé la candidate du FN à la présidentielle de 2017, pour qui les Italiens ont désavoué un Matteo Renzi incapable de défendre une politique italienne indépendante vis-à-vis de l'UE.

De même, le vice-président du parti, Florian Philippot, a salué une «superbe victoire populaire en Italie», synonyme de défaite pour l'Union européenne.

Le sénateur-maire de Fréjus David Rachline a présenté le camouflet subi par de Matteo Renzi, «chouchou réformiste de l'UE et des médias», comme une «bonne nouvelle»...

... tandis que le maire frontiste du 7e secteur de Marseille, Stéphane Ravier, a fait part de sa «grande consolation» à l'annonce de la défaite de «l'européiste Renzi».

Le fameux maire de Béziers Robert Ménard, élu avec le soutien du FN, a quant à lui mobilisé la thématique migratoire dans son analyse de ce vote, saluant le rejet massif d'une gauche italienne favorable à l'UE et (selon lui) à l'immigration.

Dupont-Aignan s'enthousiasme

La victoire du «non» en Italie n'a pas ravi, en France, que les membres du Front national. «Vive l'Italie libre !», a en effet clamé sur Twitter le leader du mouvement Debout La France, Nicolas Dupont-Aignan, qui a vu dans le résultat de ce scrutin un rejet des élites soumises, selon lui, à l'UE. 

Un vote-leçon pour les hommes politiques français pro-UE, a également averti le candidat souverainiste à la présidentielle 2017.

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BHL s'étrangle

L'écrivain et philosophe Bernard-Henri Lévy a semble-t-il peu goûté le rejet du projet de réforme constitutionnelle italien, mettant en parallèle le départ de Matteo Renzi à celui de diverses personnalités politiques, «viré[e]s» selon lui comme de vulgaires participants à une émission de télé-réalité.

Des personnalités politiques récemment disqualifiées par leurs électeurs, et appréciées (pour la plupart) par «BHL» : Hillary Clinton, dont le philosophe avait soutenu la candidature malheureuse à l'élection présidentielle américaine ; François Hollande, qui a abandonné l'idée de se présenter à un second mandat du fait de son extrême impopularité et dont l'écrivain a dit qu'il était «un bon président» ; Nicolas Sarkozy, humilié lors de la primaire de la droite et du centre, et que BHL avait conseillé durant sa présidence ; et Alain Juppé, défait par François Fillon à cette même primaire.

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