Affaire Saal/Pellerin: «Mieux vaut tard que jamais !» dit Anticor

Affaire Saal/Pellerin: «Mieux vaut tard que jamais !» dit Anticor© Capture d'écran réalisée sur le site fredlaw.com
Agnès Saal a dépensé pour 40 000 euros de taxi en 10 mois à la tête de l'INA

L'association de lutte contre la corruption et la fraude Anticor se réjouit de voir le dossier Saal pris en main par la justice, même si elle s'étonne du temps mis par le ministère pour agir.

Les notes de taxis très salées de la Présidente de l'INA ou encore la phobie administrative du député Thévenoud: des affaires qui ont choqué l'opinion publique ces dernières semaines.Toutes deux devraient avoir des suites judiciaires.

«Enfin !» se réjouit Anticor, l'association anticorruption, très active en matière de veille sur ces dossiers. Son président Jean-Christophe Picard répond aux questions de RT.

Dans le dossier Agnès Saal, êtes-vous satisfait de voir que la ministre de la Culture, Fleur Pellerin, a décidé de dénoncer ces faits à la justice ?

Jean-Christophe Picard: Je constate simplement que sa réaction intervient trois jours après le dépôt de notre plainte contre X. Donc nous sommes satisfaits, car mieux vaut tard que jamais !

Mais dans cette affaire «Saal», il a tout de même fallu un mois à l'administration pour prendre une décision. Et on peut remarquer qu'entre temps, Agnès Saal a été recasée au ministère de la Culture, ce qui paraît incroyable dans un dossier où il s'agit de détournement de fonds publics, des faits reconnus par la présidente de l'INA, elle-même, dès les premiers jours.

Bercy vient par ailleurs d'annoncer avoir porté plainte contre le député Thévenoud pour fraude fiscale. Vous aviez dénoncé à l'époque le «verrou de Bercy» peu enclin à lancer une procédure judiciaire....

J-C P.: Notre but n'est pas d'agir à la place des institutions ou de se subsituer à elles pour qu'un dossier avance en justice...nous voulons que les institutions fassent leur boulot !

Aujourd'hui, on demande aux gens de se serrer la ceinture pourtant ils constatent que des élus, des fonctionnaires gaspillent, eux, l'argent public ou fraudent les impôts.

Ce n'est plus possible. Les citoyens aujourd'hui s'emparent volontiers de ces scandales qui tournent très vite grâce aux réseaux sociaux.

Le modèle à suivre est-il celui des démocraties du Nord ?

J-C P.: Oui ! Là-bas, c'est la transparence à tous les étages, même les notes de frais des élus sont sur internet. 

Je trouve tout de même étonnant que ce soit dans ces pays qui luttent efficacement contre la corruption que l'on retrouve, selon différentes études, le plus de gens «heureux». Ce n'est pas hasard. 

Quand il y a moins de corruption, les gens sentent que leur argent est bien utilisé et que ceux qui en ont besoin sont aidés.

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