Clash, humour et politique : retour sur le deuxième débat haut en couleur de la primaire de droite

Clash, humour et politique : retour sur le deuxième débat haut en couleur de la primaire de droite© Eric Feferberg Source: AFP
Le deuxième débat de la primaire de droite et du centre a été marqué par des sujets de fond, mais aussi par des attaques de surface

A quelques jours de la primaire de droite et du centre, les sept candidats ont abordé des sujets d’actualité comme le mal-être policier, le terrorisme ou la politique extérieure, sans pour autant délaisser les petites piques ou encore les lapsus.

Sarkozy sous le feu des projecteurs

Rapidement, le sujet du débat diffusé le soir du 3 novembre s’est cristallisé autour de la personne de l’ancien président Nicolas Sarkozy, qui n’a pas hésité à mettre en avant son expérience en tant que chef de l’Etat dès le début de sa prise de parole, mais aussi lors de sa conclusion, se déclarant «prêt» à incarner à nouveau la fonction.

Cette stratégie l’a particulièrement mis sous le feu des critiques, faisant presque passer les attaques contre le bilan de François Hollande (qui avaient pourtant marqué le débat précédent) au second plan.

Se voyant reprocher des positions changeantes et des mesures prises sous son mandat, comme la réduction des effectifs policiers, l’ancien chef de l’Etat n’a pas hésité à rappeler que tous les candidats présents sur le plateau, à l’exception de Jean-Frédéric Poisson et de Jean-François Copé, avaient fait partie de son gouvernement.

«Toi qui étais ma porte-parole, tu dois connaître ma position», a-t-il par exemple lancé à Nathalie Kosciusko-Morizet, avant de rappeler à Bruno Le Maire, qui le critiquait, qu'il avait voulu être son Premier ministre.

«Commence déjà par essayer d'être élu, tu verras que c'est difficile !»

Tout au long du débat, les sept politiques n’ont pas tari de petites piques les uns envers les autres, à l’image de Bruno Le Maire qui a assuré que si chacun avait tenu sa promesse de ne pas se représenter après une défaite électorale, les candidats seraient «moins nombreux sur ce plateau».

Piqué au vif, Nicolas Sarkozy a rétorqué : «Commence déjà par essayer d'être élu, tu verras que c'est difficile !».

Jean-François Copé s’est mêlé à la danse en affirmant, sous les rires du public : «Un point sur lequel tu es fort Nicolas, c'est que les échecs forment beaucoup plus que les victoires.»

L'ancien président (encore lui !) a ensuite eu droit à une attaque de Nathalie Kosciusko-Morizet, à laquelle il rappelait son passé en tant que ministre de l'Ecologie.

«Oui on a fait du bon travail, je regrette seulement qu’aujourd’hui tu [le] dénigres de cette manière», remarque-t-elle avant que Nicolas Sarkozy ne réponde : «Je ne suis pas sûr de le refaire mais je ne regrette pas ta nomination.»

A la question de savoir s’ils ne pourraient donc plus gouverner ensemble, ce dernier répond : «Bien sûr que si, c’était une plaisanterie.» Son ancienne ministre réplique : «Moi non.»

Enfin, François Fillon n'a pas mâché ses mots quant au niveau des discussions : «Cela fait deux heures trente qu’on est ici et on arrête pas de parler de politique politicienne […] je pense qu’on a pas parlé la moitié du temps du projet pour redresser le pays.»

Sur le fond : unanimité sur la légitime défense

A l'heure d'aborder des sujets d'actualité, les candidats se sont unanimement prononcés pour la présomption de légitime défense pour les policiers, assurant que ceux-ci doivent pouvoir utiliser plus librement leurs armes lorsque leur vie est en danger.

S’ils différaient sur le nombre, les sept étaient également d’accord pour dire qu’il fallait augmenter les effectifs policiers.

La proposition d'augmenter le nombre de cellules a elle aussi recueilli un consensus.

Lire aussi : Rassemblements de policiers en colère devant l'Assemblée nationale et partout en France

Lutter contre Daesh en s’alliant à la Russie ?

Alors que l’unanimité faisait également loi sur la nécessité de combattre Daesh et le terrorisme, des différences sont apparues quant à la méthode prônée.

La question de l’attitude à adopter vis-à-vis de l’Arabie saoudite a tout d’abord divisé les candidats. NKM a dénoncé la «danse du ventre» de la France envers Riyad, alors que Fillon appelait à discuter plus «fermement» avec les Saoudiens en raison de leur «responsabilité» dans la montée de l’intégrisme et du terrorisme.

Se targuant, une fois de plus, de son expérience en tant que président de la République, Nicolas Sarkozy a pour sa part estimé qu’il était nécessaire de parler «avec tout le monde», et même avec l’Arabie saoudite, pour régler le problème du terrorisme, sans quoi la France se retrouverait à ne parler «qu’avec les Espagnols et les Italiens». Il a par la suite appelé à organiser une «grande conférence internationale avec Poutine, avec Téhéran et avec l'Arabie saoudite».

La France de François Hollande a fait une grosse erreur d'avoir choisi les sunnites de l'Arabie saoudite et non pas les chiites de l'Iran

«La France de François Hollande a fait une grosse erreur d'avoir choisi les sunnites de l'Arabie saoudite et non pas les chiites de l'Iran», a-t-il ajouté.

De son côté, François Fillon a indiqué que «face à ces forces [terroristes] il faut une coalition mondiale, s'allier avec les Russes».

Quant à Jean-Frédéric Poisson, il a souligné la nécessité de discuter et de rencontrer, comme il l’a lui-même fait, le président syrien Bachar el-Assad. Si celui-ci «quitte Damas, ce sont les djihadistes qui vont s'en emparer», a-t-il lancé, affirmant qu’Al-Qaïda était la seule opposition en Syrie.

Un Front républicain contre le FN ?

Plus tard, c'est la question de la relation entre les candidats de centre-droit et le Front national qui a fait son apparition.

A l’image de NKM, qui a assuré : «Pour battre le FN il faut le combattre», les candidats ont à l’unanimité assuré qu’ils ne voteraient en aucun cas pour Marine Le Pen si celle-ci se hissait au second tour.

Certains, comme Jean-François Copé ou Nathalie Kosciusko-Morizet, se sont prononcés pour un «Front républicain», qui consisterait à voter pour le candidat de la gauche ou du centre afin de faire barrage au FN si celui-ci se retrouvait au second tour.

François Fillon et Nicolas Sarkozy se sont eux prononcés contre cette stratégie, ce qui n'a pas empêché ce dernier de marteler : «Je n'accepterai jamais que madame Le Pen s'installe dans le fauteuil de président de la République.»

«Je ne voterai jamais pour Marine Le Pen parce qu'elle mènera le pays à la catastrophe», a renchéri François Fillon.

Et le prix de l’humour est décerné à…

Au cours du débat, Jean-François Copé n’a pas hésité à jouer la carte de l’humour, même si ce n'était pas toujours de manière volontaire.

Juste après avoir appelé à l'apparition d’une «droite décomplexée», il a ainsi assuré que le gouvernement avait besoin de ministres… «de gauche».

Quelques minutes plus tard, il a commis un autre lapsus en confondant le centriste François Bayrou avec François Baroin. Jusque là, rien de grave, sauf que Copé tentait de se moquer de la bourde de Nicolas Sarkozy, qui avait déclaré deux jours auparavant que s'il était élu, il confierait «Matignon à François Bay...roin». Alain Juppé a lui aussi eu du mal à prononcer le nom du maire de Pau.

Pas avide de blagues, Jean-François Copé a tenté le coup de l’autodérision en évoquant sa récente bourde sur le prix d’un pain au chocolat, qu’il évaluait à 15 centimes d’euros : «Moi je fais mes erreurs de prix de pains au chocolat mais chacun fait les siennes.»

Enfin, le candidat a conclu sur une expression qui n’a pas manqué de faire rire le public, en déclarant : «Une France décomplexée, c'est une France qui remonte à cheval, comme Zorro.»

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