Renaud traite de «conna..e» une journaliste qui l'avait accusé d'être un nazi

© Capture d'écran Twitter

Il y a dix ans, une journaliste de L'Obs lui demandait pourquoi il avait dessiné une croix gammée sur un manuscrit. Agacé, Renaud a récemment lancé une insulte à son encontre en plein concert. Cette dernière répond dans une lettre ouverte.

Le chanteur Renaud semble se heurter à un différend pour le moins inhabituel. Celui qui a été jadis considéré comme l’«échantillon représentatif de la jeunesse française» se retrouve en plein crêpage de chignon avec une journaliste de L'Obs, Sophie Delassein, qu'il a qualifiée indirectement sans la citer de «connasse du Nouvel Obs». 

L'épisode s'est déroulé lors d'un concert de Renaud à Evry, dans l'Essonne, alors que le chanteur prépare actuellement sa tournée à travers la France pour présenter son nouvel album intitulé Toujours debout

«Je préfère écrire des chansons sur des vérités qui dérangent plutôt que sur des mensonges qui font sourire. Cette chanson, je la dédie à la connasse du Nouvel Obs», avait lancé le chanteur en préambule de sa chanson Hyper Casher, hommage aux victimes juives des attentats contre l'hebdomadaire Charlie Hebdo et du magasin casher en janvier 2015.

En cause, un épisode datant d'il y a dix ans et sur lequel l'éponge aurait pu être passée il y a belle lurette ...

«L'épisode de la croix gammée»

En 2006, Sophie Delassein, journaliste à L'Obs contacte Renaud après avoir analysé un recueil de manuscrits de ce dernier qui venait d'être publié aux Editions Textuel. Elle y découvre une croix gammée. C'est l'abomination. Renaud serait-il nazi ? antisémite ? La journaliste demande au chanteur pourquoi il a décidé de laisser le symbole nazi sur son manuscrit qui sera lu par ses fans.

«Une larme de Tipex, un coup de Photoshop et elle aurait disparu. Vous avez décidé de la laisser», a-t-elle écrit dans son récent article publié dans l'édition Le Plus de L'Obs et dans lequel elle élabore une réponse à l'insulte que le chanteur a lancé à son encontre lors de son concert à Evry.

«La plupart d’entre nous griffonnons des cœurs, des murs de pierre, des flèches, des oiseaux. On fait des ronds, on fait des carrés. C’est là que je suis tombée sur une croix gammée. Une croix gammée, Renaud, que vous aviez dessinée, distraitement, tout en dialoguant avec vos muses. Une croix gammée que vous rendiez publique ce jour d’octobre 2006», poursuit-elle sur un ton accusateur, visiblement particulièrement outrée que le chanteur n'ait pas été assez soucieux d'être «comme la plupart d'entre nous».

«Pourquoi avoir conservé cette tache, cette immondice ?», poursuit Sophie Delassein, rappelant qu'à l'époque, le chanteur s'était entouré de ses avocats la menaçant de la poursuivre en justice si elle décidait de «nuire à son image».

«Comme si j’avais titillé une âme mal à l’aise avec un passé pesant, oppressant, honteux. Un passé qui, s’il resurgissait publiquement ferait scandale et salirait cette belle image d’anarcho-mitterrandiste, d’humaniste de gauche, d’arbitre intransigeant entre le bien et le mal», poursuit Sophie Delassein dans sa lettre du 5 octobre.

«Fils et petit-fils de collabo, c’est lourd à porter, je veux bien le croire !», lance-t-elle alors dans sa lettre, rappelant que le paternel du chanteur avait travaillé à Radio Paris, qui servait d'organe de propagande aux idées nazies. 

Sophie Delassein, déjà condamnée pour diffamation

Si l'auteur de «Mistral gagnant» s'est montré aussi remonté contre la journaliste de L'OBS, en venant même à perdre son sang-froid en plein concert, c'est peut-être à cause de cette corde sensible que la critique musicale aurait touchée en évoquant cette épisode de la croix gammée, que le chanteur aurait décidé de laisser sur son manuscrit, refusant l'auto-censure.

Aussi, il ne s'agit pas du premier épisode du genre dans la carrière de Sophie Delassein. En 2011, la journaliste avait perdu un procès en diffamation contre le chanteur Pierre Perret qu'elle accusait de plagiat.

Le tribunal avait à l'époque considéré que Sophie Delassein avait dressé «un réquisitoire d’une singulière violence, insoucieuse du contradictoire, portée par une coalition d’intérêts dont elle s’est fait imprudemment le porte-parole à seule fin d’abattre, non sans une âcre jubilation, dont témoignent le style et le registre de vocabulaire, la réputation d’un homme tenu pour aimable et jusqu’à lors respecté qu’elle n’a même pas eu à cœur de contacter utilement, alors qu’elle ne pouvait ignorer qu’elle le touchait au plus sensible».

La journaliste avait écopé d'une amende de 2000 euros, ainsi que de 10 000 euros de dommages et intérêts. L'hebdomadaire qui s’appelait à l'époque Le Nouvel Observateur avait dû quant à lui, s'acquitter d'une amende de 1000 euros.

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