Najat Vallaud-Belkacem fustigée par la droite pour avoir osé «invectiver» le pape François

Source: Reuters

Estimant que le souverain pontife, qui a accusé les manuels scolaires français de propager la théorie du genre, avait été victime d’une désinformation massive des intégristes, la ministre s'est retrouvée très critiquée par les politiques sur Twitter.

On ne badine pas avec le pape. Pour les politiques de droite, avoir osé remettre en question le jugement du pape François est tout simplement inadmissible. 

Lundi 3 octobre, les critiques à l'encontre de la ministre de l'Education nationale, qui avait qualifié les remarques du pape de «légères» et d'«infondées», ont alimenté la polémique toute la journée sur les réseaux sociaux. 

Ouvrant le bal des hostilités, le porte-parole de Nicolas Sarkozy, Eric Ciotti, a estimé que la jeune femme avait répondu avec «mépris et suffisance» aux «inquiétudes» du pape. 

Mais le député n'est pas le seul à avoir été choqué par le franc-parler de Vallaud-Belkacem. Renaud Muselier, député européen, a préféré mettre en avant le hashtag «Touche pas à mon pape» plutôt que les critiques frontales.

D'autres, à l'instar des parlementaires Claude Goasguen et Pierre Charon, prennent moins de gants, et considèrent que la ministre a répondu avec «grossièreté et vulgarité».

Ces derniers n'ont ainsi pas hésité à apostropher la ministre avec virulence, se demandant comment elle avait pu oser «s’en prendre au pape». 

Pour François Fillon, tacler la réplique de la ministre est l'occasion d'enfoncer le clou, et de critiquer implicitement la politique du gouvernement de ce quinquennat. 

Ironie du sort, alors que le débat initial porte sur la théorie du genre, ce sont surtout les hommes qui, à droite, se sont insurgés. Les élues de droite, elles, se montrant plus réservées sur cette question. 

Invitée d'Europe 1 pour commenter les propos du pape, Nathalie Kosciusko-Morizet a ainsi elle aussi estimé que le souverain était «allé un peu vite en besogne», ajoutant qu'il s'était «basé sur une anecdote qu'on lui a rapporté», et qu'elle n'avait elle-même «jamais rien trouvé qui ressemble à la théorie du genre» dans les manuels de ses enfants. 

On retrouve le même scepticisme chez l’eurodéputée LR Nadine Morano, qui, invitée de Franceinfo, a elle aussi fait part de son étonnement : «Sur cette question, je suis moins inquiète que le pape, mais je ne vois pas aussi à quel livre il fait référence», a-t-elle évoqué.

La théorie du genre est depuis de nombreuses années la bête noire de l'opposition, qui accuse le gouvernement d'avoir tenté de l'imposer dans les manuels scolaires depuis 2011. La même année, peu avant la rentrée scolaire, 80 députés avaient uni leurs voix pour faire pression sur le gouvernement afin qu'il retire les présumées théories du genre des manuels éducatifs. 

Lire aussi : Le pape François accuse l'Education nationale française d'enseigner la théorie du genre

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