«Nos ancêtres les Gaulois» : Sarkozy mène la danse en matière de buzz

Photo ©Valery Hache/AFP
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Ceux qui pensaient que Sarkozy avait épuisé ses bottes secrètes en seront pour leurs frais. Petit à petit, l'ex-président reprend la main et impose ses thèmes dans le débat, obligeant ses adversaires de droite, comme de gauche, à se positionner.

«Si l’on veut devenir français, on vit comme un Français. Nous ne nous contenterons plus d’une intégration qui ne marche plus, nous exigeons l’assimilation», a analysé Nicolas Sarkozy. Et de marteler : «Dès que vous devenez français, vos ancêtres sont gaulois.» 

En meeting ce 19 septembre à Franconville, Nicolas Sarkozy a enfourché un cheval qu'il connaît bien, celui de l'identité nationale. Des thématiques qui lui ont plutôt réussi en 2007, chassant sur les terres du Front national (FN) sans vergogne. Au point de se faire accuser, alors, d'avoir procédé à un «hold up électoral».

Mais pour Sarkozy, il semble qu'il n'y ait pas de mauvais buzz. Et, depuis le «Kärcher», l'homme politique connaît bien l'effet des petites phrases, même si l'ensemble de la classe politique et des commentateurs doit lui tomber dessus : longtemps inaudible, l'ancien président existe enfin. Car ses adversaires ne peuvent plus ne pas commenter ses sorties fracassantes.

Ainsi, Alain Juppé, que l'hyper-actif Sarkozy talonne dans les sondages pour la primaire de la droite et du centre, a-t-il été forcé de marquer sa différence, quitte à se plier à l'«agenda buzz» de son rival. «L'assimilation, ça veut dire qu'on est tous pareils et qu'on coupe ses racines», a-t-il indiqué au micro de France Info, avant d'ajouter : «Quand on coupe les racines d'un arbre, eh bien il meurt.»

«Il faut respecter la diversité, mais à deux conditions : pas de communautarisme et deuxièmement, renforcer le bien commun», a nuancé l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac. Une réthorique prudente qui risque d'être beaucoup moins lisible que celle de son concurrent. Et parmi, les autres candidats à la primaire de la droite et du centre, Bruno Le Maire, a appelé à la mesure. «Ne nous caricaturons pas», a estimé le candidat crédité de 9% d'intentions de vote selon les derniers sondages.

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Sarkozy a besoin de «leçons d'Histoire»

A gauche, les réactions n'ont pas tardé non plus. Myriam El-Khomri a exprimé «le sentiment d'entendre le porte-parole» de Marine Le Pen. Une impression partagée par l'intelligentsia de gauche.

Najat Vallaud-Belkacem a, pour sa part, estimé que Nicoals Sarkozy avait «visiblement besoin» d'un «cours d'Histoire». «Oui, il y a parmi nos ancêtres des Gaulois, il y a aussi des Romains, des Normands, des Celtes, des Burgondes», a rappelé la ministre de l'Education sur le plateau d'iTélé, souligant qu'avec «le temps, la France a[vait] annexé d'autres territoires. Les Niçois nous ont rejoints, les Corses [...] et puis après, aussi, des Arabes, des Italiens, des Espagnols».

Celui qui, élu président, a décrété la création en 2007 du très controversé ministère de l'Identité nationale, confié à Brice Hortefeux, puis à Eric Besson, avant d'être supprimé en 2010, reprend donc ses thématiques favorites et la même stratégie qui lui avait réussi par le passé. Le prédécesseur de François Hollande n'a d'ailleurs jamais fait secret de son intention de convaincre les électeurs du Front national de voter pour lui.

Une ambition renouvelée dans un entretien accordé à Valeurs Actuelles en août 2015, dans lequel il demande aux électeurs d'«extrême droite» de «ne pas poursuivre la politique du pire [...] On doit lutter contre le Front national en essayant de convaincre ceux qui votent pour lui, en apportant des solutions à leurs angoisses. J’aime tout le monde, au moins jusqu’en mai…», a plaisanté l'ex-chef de l'Etat.

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