Mobilisation nationale contre la loi Travail, baroud d'honneur des manifestants ?

Mobilisation nationale contre la loi Travail, baroud d'honneur des manifestants ? © JEAN-FRANCOIS MONIER Source: AFP

Le 15 septembre, les syndicats organisent une nouvelle journée de manifestations contre la loi Travail. Partout en France, lycéens et étudiants sont particulièrement mobilisés. A Belfort, la protestation concernera aussi la fermeture d'Alstom.

Après de longs mois de lutte sociale, de mars à juillet, qui n'ont pas su faire plier l'exécutif, des appels à la grève ont de nouveau été lancés dans la fonction publique, à la Poste, chez Air France et France télévisions ou encore au sein des intermittents du spectacle. 

«Une mauvaise loi, même adoptée, reste une mauvaise loi», a déclaré Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT qui espère «une grosse mobilisation». Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, est, lui, plus pessimiste, s'attendant à voir «moins de monde».

Lors de la précédente journée de mobilisation, le 5 juillet dernier, au début des vacances scolaires, la police n'avait répertorié que 30 000 personnes dans les rues, de 6 500 à 7 500 personnes à Paris, alors que les syndicats revendiquaient que 45 000 manifestants avaient suivi leur mouvement dans le pays. La plus forte mobilisation, le 31 mars dernier, avait réuni, selon la police, 390 000 personnes dans toute la France, contre 1,2 million d'après le décompte des syndicats.

Dans la capitale, la manifestation pour l’abrogation de la loi Travail partira à 14h de la place de la Bastille pour se diriger vers la place de la République.

Alors que les précédentes manifestations, notamment celles du mois de mars, avaient été entachées de violences, le 15 septembre, près de 1 200 policiers seront mobilisés, selon une source policière.

A Nantes, des établissements bancaires ont notamment décidé de prendre des mesures de précaution en barricadant leurs vitrines, souvent prises pour cible par les casseurs.

Avant la mobilisation, les lycéens très motivés sur la toile

Avec des mots-clés comme «#Blocus15Septembre» et un grand nombre de détournements d'images, les réseaux lycéens se préparent sur internet à réactiver le mouvement contre la loi Travail, appelant notamment à bloquer des établissements scolaires.

En première ligne de cette web-contestation, les militants du Mili (Mouvement inter luttes indépendant), composé surtout de lycéens mais aussi d'étudiants. Presque toujours cagoulés et vêtus de noir, les militants de ce mouvement ont toujours été très présents lors des mobilisation contre la loi El Khomri et parfois à l'origine de violents affrontements avec les forces de l'ordre.

Sur Twitter et Facebook, le Mili et avec ses 20 000 abonnés appellent à «occuper les salles» des lycées et propage un texte pour «perturbe[r] ta ville et abroger la loi travail», appuyée sur deux hashtags à la popularité grimpante, #PerturbeTaVille (près de 1 600 tweets postés le 12 septembre) et #Blocus15Septembre.

A Belfort, double mobilisation pour les salariés d'Alstom 

A Belfort, les salariés du géant des transports se préparent à un rassemblement tumultueux. Une délégation des «alsthommes» est notamment attendue après l'annonce de la fermeture du site de production historique du TGV d'ici à 2018.

En effet, le constructeur ferroviaire, confronté à une pénurie de commandes en France, a annoncé l'arrêt de la production de locomotives à Belfort, site qui sera «transféré» à Reichshoffen, en Alsace, d'ici à 2018. Cette décision menace plus de 400 emplois. 

Le 12 septembre, François Hollande a fixé comme «objectif», le maintien de la production à Belfort et a demandé au gouvernement de se «mobiliser pour qu'il y ait plus de commandes».

Pourtant, le lendemain, le groupe a officiellement entériné la fermeture du site historique dans un communiqué remis aux salariés.

«Il apparaît aujourd'hui impossible d'assurer un avenir pérenne» au site de Belfort, y explique Henri Poupart-Lafarge, le PDG d'Alstom. «Nous avons maintenu une production à Belfort aussi longtemps que nous avons pu», il s'agit désormais de «préserver l'emploi des autres sites».

Lire aussi : Usine Alstom de Belfort : Pierre Gattaz dénonce une «posture» du gouvernement

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