Après le rejet de sa demande de libération, Jacqueline Sauvage fait appel

- Avec AFP

Après le rejet de sa demande de libération, Jacqueline Sauvage fait appel© Capture d'écran Twitter
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Malgré la grâce présidentielle et une grande mobilisation en sa faveur, Jacqueline Sauvage reste en prison. Condamnée à dix ans de réclusion pour le meurtre de son mari violent, elle a fait appel du rejet de sa demande de libération conditionnelle.

Devenue un symbole des violences conjugales, Jacqueline Sauvage avait pourtant fait savoir le 18 août qu'elle renonçait à faire appel, tant elle était, selon son entourage, «épuisée de l'acharnement judiciaire à son encontre». 

Le 19 août, elle a finalement changé d'avis en décidant d'interjeter appel de la décision du tribunal d'application des peines de Melun, a indiqué dimanche à l'AFP un représentant du parquet de la ville, confirmant une information de la radio Europe 1.

«Par voie de conséquence», le parquet, qui soutenait sa demande de libération conditionnelle, fera donc lui aussi appel, a-t-il ajouté.

Ses avocates Nathalie Tomasini et Janine Bonaggiunta ont expliqué à l'AFP s'être entretenues par téléphone avec Jacqueline Sauvage le 19 août afin de la «convaincre» de faire appel.

«Nous avions la conviction qu'elle ne pourrait aller jusqu'à la fin de sa peine sans risque, qu'elle devait penser à elle. Encore une fois le comportement de Jacqueline Sauvage est caractéristique des femmes victimes de violences conjugales qui sont perdues et désorientées», ont-elles estimé.

Il revient désormais à la chambre d'application des peines de la cour d'appel de Paris de statuer sur cette nouvelle demande.

Après l'annonce qu'elle renonçait à se battre pour une libération conditionnelle, des voix s'étaient élevées pour réclamer sa grâce totale, à l'instar de l'actrice Eva Darlan, la présidente de son comité de soutien. La comédienne, qui fut la marraine de l'association Ni putes ni soumises, a annoncé un rassemblement le 10 septembre à Paris, dans un lieu restant à déterminer.

Brigitte Bardot avait à son tour, le 19 août, imploré le président François Hollande de lui accorder une grâce totale, l'estimant injustement «victime de la sévérité d'une justice contestable».

Jacqueline Sauvage, 68 ans, a pourtant été condamnée à deux reprises à 10 ans de prison ferme, une première fois par la cour d'assises du Loiret, en octobre 2014, et une seconde fois par la celle du Loir-et-Cher, en décembre 2015.

Elle a été reconnue coupable, en première instance comme en appel, d'avoir tué son mari de trois coups de fusil dans le dos en 2012, après avoir vécu 47 ans d'enfer conjugal.

La condamnation de cette femme battue a ému de nombreuses féministes, qui l'ont érigée en symbole des violences faites aux femmes, et la demande de grâce présidentielle qu'elles avaient formulée avait été appuyée par de nombreux parlementaires et personnalités.

Le 31 janvier 2016m, le chef de l'Etat lui avait accordé une grâce «partielle», notamment de la période de sûreté, ce qui lui avait permis de présenter immédiatement une demande de libération conditionnelle.

Mais dans sa décision du le 12 août, le tribunal d'application des peines de Melun a souligné que cette mobilisation avait eu un effet pervers, en enfermant psychologiquement la femme battue dans un statut de victime.

Il a ainsi reproché à Jacqueline Sauvage «de ne pas assez s'interroger sur son acte» et a estimé qu'elle ne pouvait «prétendre vivre à proximité des lieux des faits, dans un environnement qui, compte tenu des soutiens dont elle bénéficie et de la médiatisation des faits, risquerait de la maintenir dans une position victimaire».

Cette décision a suscité un flot de réactions indignées y compris dans le monde politique. Cependant, la campagne en faveur de sa libération et la grâce présidentielle partielle ne sont pas sans indisposer le monde judiciaire, dans la mesure où elles remettent en cause l'autorité de la chose jugée et discréditent l'action de la justice.

Si la cour d'appel de Paris ne lui accorde pas de libération anticipée, Jacqueline Sauvage, qui est actuellement incarcérée à la prison du Réau (Seine-et-Marne), pourrait sortir en 2018, à la faveur de réductions de peine automatiques.

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