Saint-Etienne-du-Rouvray : indignation sur la toile après l'inhumation d'un des terroristes

© Capture d'écran Twitter

Adel Kermiche, l'un des deux assassins du père Hamel à Saint-Etienne-du-Rouvray, a été inhumé le 19 août dans le carré musulman d'un cimetière du Val d'Oise, selon la communauté d'agglomération. Sur la toile, les internautes se sont montrés outrés.

Le jeune de 19 ans a été enterré en toute discrétion dans le carré musulman du cimetière intercommunal de Puiseux-Pontoise (Val-d'Oise), vers 21 heures le vendredi 19 août.

Réactions d'indignation sur la toile

L'inhumation d'Adel Kermiche dans le carré musulman a immédiatement été un sujet controversé. En effet, à la suite de l'attaque de Saint-Etienne-de-Rouvray, la communauté musulmane s'était empressée de rappeler que l'homme et ses actes n'avaient «rien avoir avec l'islam».

Le député Les Républicains (LR) des Français de l'étranger, Thierry Mariani, s'est notamment indigné de la situation : 

Une vision reprise également sur les réseaux sociaux par des internautes qui n'acceptent pas que le tueur soit à la fois qualifié de non-musulman et enterré en tant que tel : 

Sur Twitter, des internautes ont par ailleurs évoqué leur crainte que le traitement donné à l'assaillant ne poussent des personnes offusquées à profaner sa sépulture.

Des sondages ont même fait leur apparition, se demandant quelle réaction serait la plus appropriée à l'inhumation du terroriste. 

D'autres ont carrément émis l'idée que le corps du terroriste devrait être incinéré, ce qui serait en accord avec le refus de lui attribuer le titre de musulman, puisque l'incinération est interdite par l'islam.

La commune évoque un droit à l'inhumation dans le code pénal

«Nous n'avons fait qu'appliquer strictement la loi, d'une part parce qu'il y a une sépulture de famille dans ce cimetière et d'autre part parce que, selon le code général des collectivités locales, il y a un droit à l'inhumation et ce, quelles que soient les circonstances qui ont accompagné la mort du défunt», a expliqué une source au sein de la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise.

Le lieu d'inhumation des auteurs d'actes terroristes est une question sensible. Les communes concernées refusent souvent d'en endosser la responsabilité et craignent que la tombe ne devienne un lieu de pèlerinage.

Dans le cas d'Adel Kermiche, la communauté musulmane de la banlieue de Rouen où il vivait avait catégoriquement refusé qu'il y soit enterré pour ne pas «salir l'islam». Un responsable musulman danois avait ensuite proposé qu'il soit inhumé au Danemark avant d'être désavoué par les membres de son organisation.

Le lieu d'inhumation d'Abdel Malik Petitjean, le second auteur de l'attentat contre l'église de Saint-Etienne-de-Rouvray et de l'assassinat du religieux, n'est toujours pas arrêté, les maires de deux communes, celle où il est né et celle où il a vécu, ayant exprimé leur refus d'autoriser son enterrement sur leur territoire.

Adel Kermiche, 19 ans, qui souffrait de troubles du comportement et était obsédé par la Syrie, a été décrit comme «une bombe à retardement» par plusieurs témoins.

Jamais condamné, il avait été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire en mars 2015 pour avoir tenté de rejoindre les terres du djihad. Après une seconde tentative en mai 2015, il avait été incarcéré, période au cours de laquelle il se serait encore davantage radicalisé, avant d'être libéré en mars 2016, contre l'avis du parquet, et assigné à résidence sous surveillance électronique.

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