Polémique autour du tweet d'une élue LR comparant les musulmans à «des chiens enragés»

© MICHEL GANGNE Source: AFP

L’adjointe au maire de Compiègne, Arielle François, a suscité une vague d'indignation compromettant son avenir politique en relayant sur Twitter une citation anti-musulmans d'un moine bouddhiste birman.

L'opération de communication provocatrice d'Arielle François, élue LR de Compiègne, a sans doute fonctionné bien au-delà de ses espérances... Vendredi 22 juillet, l'adjointe au maire de la sous-préfecture de l'Oise postait sur Twitter une citation pour le moins sulfureuse d'Ashin Wirathu, présenté comme un «moine bouddhiste, leader du mouvement birman contre l'islam» : «Vous pouvez être plein de gentillesse et d’amour ; vous ne pouvez pas dormir à côté d’un chien enragé. Si nous sommes faibles, notre pays deviendra musulman». Des propos auxquels la femme politique de droite a choisi d'associer le mot «Sagesse», agrémenté de petites étoiles.

Capture d'écran de Twitter, @FrançoisArielle.
Capture d'écran de Twitter, @FrançoisArielle.

Le tweet, pourtant posté par une personnalité politique inconnue du grand public, a provoqué l'indignation d'internautes sur les réseaux sociaux et de responsables associatifs, poussant son auteur à le retirer.

La Licra (la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme) a ainsi condamné «avec la plus grande fermeté ces propos islamophobes», par la voix de son responsable régional Dian Quentin Bouacha, qui s'est engagé à porter plainte contre Arielle François. Le Collectif contre l'islamophobie en France, quant à lui, a fait savoir qu'il «étudi[ait] les possibilités de recours» contre l'élue LR.

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Laurence Rossignol se mêle à la polémique

Contactée dimanche par Le Parisien, Arielle François n'a pas renié le contenu de sa publication, affirmant au journal que «la phrase [en question] ne [l'avait] pas choquée», et que «cette citation est bonne». L'adjointe municipale a seulement avoué ne pas connaître le moine responsable du morceau de «sagesse» bouddhique relayé – Ashin Wirathu, un Birman condamné dans son pays pour incitation à la haine contre la minorité musulmane, et qualifié par la presse internationale de «Hitler birman» ou de «Ben Laden bouddhiste».

Tentant de minimiser la portée de ce tweet, le maire de Compiègne, Philippe Marini, a décrit au Parisien cette publication comme une «réaction d’humeur qui n’[a] aucun sens». «C’est complètement dérisoire» a-t-il ajouté. L'ampleur prise par cette affaire, pourtant, est parvenue à affecter jusque le gouvernement. La ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes Laurence Rossignol, en effet, a appelé dans une lettre le maire de Compiègne à «retirer sa délégation» à l'adjointe municipale, qui n’est selon elle «ni digne ni à la hauteur» de son mandat.

La réponse du maire à cette injonction reste pour l'instant inconnue – mais il est fort à parier que les tweets d'Arielle François seront, désormais, surveillés de près.

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