Etat d'urgence : la droite accuse la gauche de masquer sa faiblesse derrière «l'Etat de Droit»

Source: AFP

La prorogation de l'état d'urgence pour une durée de six mois a été votée à la quasi-unanimité dans la nuit deu 19 au 20 juillet. Mais les divergences politiques persistent et s'accentuent entre la majorité et l'opposition.

Après plusieurs heures de débats qui auront duré toute la nuit, dans une ambiance souvent électrique, les députés ont adopté à une écrasante majorité – 489 voix pour, 26 contre et 4 absentions – la prolongation de l'état d'urgence. Mais cependant, on reste loin de l'«Union Sacrée». 

Les Républicains regrettent que la plupart de leurs propositions aient été rejetées par la majorité

Dans la matinée du 20 juillet, les premières divergences se sont fait entendre. Si la droite a voté en faveur d'un état d'urgence prolongé de six mois (au lieu des trois qu'elle réclamait), bon nombre de parlementaires reprochent à l’exécutif et à sa majorité de ne pas prendre de mesures qui soient à la hauteur du danger terroriste.

Interrogé ce matin sur France Inter, le député du Parti Les Républicains (LR) David Douillet a ainsi accusé la gauche de «se réfugier» derrière la Constitution et l'Etat de droit pour ne pas adopter de mesures plus fortes. 

Dans un entretien accordé à Valeurs Actuelles publié le 20 juillet, le député LR Georges Fenech plaide quant à lui pour la création d’un «Guantanamo à la française» pour gérer le «raz-de-marée des retours de djihadistes» rentrant d'Irak et de Syrie : «Un Guantanamo à la française serait la solution la plus simple. Un établissement dédié à des individus radicalisés serait effectivement une solution», a déclaré le président de la commission d'enquête parlementaire sur les attentats de 2015. Proposition justement rejetée par la majorité socialiste dans la nuit.

Plusieurs parlementaires ont exprimé sur leur compte Twitter leur déception de voir leurs amendements et leurs propositions de mesures retoquées par la majorité. C'est, par exemple, le cas du député LR des Alpes-Maritime, Eric Ciotti, mais aussi du député LR breton, Guénhaël Huet. 

Seul député de droite à avoir voté contre la prolongation de l'état d'urgence, Jean-Frederic Poisson a profité de son passage ce matin sur les ondes de RMC pour expliquer sa position. Pour le député des Yvelines, l'état d'urgence n'est efficace qu'a court terme, quand il permet une concentration importante des moyens humains et matériels pour une efficacité maximale. Sur le long terme, le député du Parti Chrétien-Démocrate estime que l'état d'urgence perd en efficacité, voire même qu'il devient contre-productif. 

Le candidat à la primaire LR, l'ex-Premier ministre François Fillion a, quant à lui, pointé du doigt «le manque de détermination» de l’exécutif et appelle à faire respecter l'arsenal législatif déjà existant. 

Au Front national (FN), le député Gilbert Collard a voté la prolongation de l'état d'urgence avec sa collègue Marion-Maréchal Le Pen. Les deux députés frontistes avaient pourtant conditionné leur vote à l'adoption de nouvelles mesures, notamment la fin de l'espace Schengen. Le député se justifie et parle de vote «au bénéfice du doute».

La gauche se félicite du vote, mais condamne la surenchère de la droite

Ce matin sur France Info, le ministre de l'Agriculture et porte-parole du gouvernement, Stéphane le Foll, s'est félicité de ce vote à l'Assemblée nationale pour la prorogation de l'état d'urgence, tout en rappelant que cette situation avait théoriquement vocation à être limitée dans le temps.

Les parlementaires socialistes Alexis Bachelay et Erwan Binet pointent du doigt les propositions de la droite qu'ils jugent excessives et menaçant l'Etat de Droit. 

Lors des débats parlementaires, les échanges entre le Premier ministre Manuel Valls et le député Rhône-Alpes LR Laurent Wauquiez avaient en effet été particulièrement houleux :  

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