Attentats à la voiture piégée, ultra droite... les nouvelles menaces sur la France selon la DGSI

Source: AFP

Lors de son audition devant la commission d'enquête parlementaire, Patrick Calvar, patron du renseignement intérieur, s'est livré à un diagnostic sur les nouveaux risques sécuritaires qui pèsent sur le pays.

La menace de l'Etat Islamique : des voitures piégées en France ?

«Je suis persuadé qu'ils passeront au stade des véhicules piégés et des engins explosifs, et ainsi, qu'ils monteront en puissance», a déclaré le chef de la Directin générale des services intérieurs (DGSI) lors de son audition devant la commission d'enquête parlementaire sur les attentats de Paris, le 24 mai dernier.

Lors de cette audition, dont le compte-rendu a été rendu public le 12 juillet, Patrick Calvar présentait les nouvelles menaces qui pèsent sur la France, et le responsable du renseignement craint un changement de stratégie des djihadistes l'Etat islamique. Ces derniers pourraient organiser moins d'opérations commandos avec la mort à la clef, dans le style des attentats de Paris, mais d'avantage de colis et de véhicules piégés, pour préserver la vie de leurs partisans et multiplier plus facilement les attaques. «Pour cela, il leur faut des artificiers et organiser toute une logistique, c'est-à-dire s'installer sur notre territoire, acquérir tous les produits»,l précise le chef de la DGSI, arguant que «dès qu'ils auront projeté sur notre territoire des artificiers, ils pourront éviter de sacrifier leurs combattants tout en créant le maximum de dégâts».

«Une confrontation inéluctable entre l'ultra droite et le monde musulman»

Cependant, le responsable de la DGSI estime que ses services et les autorités ont pris la mesure de la menace de l'Etat islamique, mais moins de celle que représente la montée en puissance des mouvements d'extrême-droite : «Je pense que nous gagnerons contre le terrorisme. Je suis en revanche beaucoup plus inquiet de la radicalisation de la société et du mouvement de fond qui l'entraîne.» 

Pour Patrick Calvar «une confrontation entre l'ultra droite et le monde musulman - pas les islamistes mais bien le monde musulman» est inéluctable et il appelle les services de renseignement des autres pays européens à prendre en compte rapidement cette nouvelle menace. 

Le patron de la DGSI avait tenu des propos similaires le 10 mai devant la commission de la Défense nationale de l'Assemblée nationale : «Encore un ou deux attentats et cette confrontation adviendra. Il nous appartient donc d'anticiper et de bloquer tous ces groupes qui voudraient, à un moment ou à un autre, déclencher des affrontements intercommunautaires.»

Ce n'est pas la première fois qu'un responsable européen livre son inquiétude face aux mouvements d'extrême droite qui pourraient prospérer après les attentats islamistes. Le 4 mai dernier, le chef de la sûreté de l’Etat belge déclarait craindre «la réaction de l'extrême droite» après les attentats de l'Etat islamique. 

Les faiblesses de la lutte antiterroriste

Lors de son audition devant la commission d'enquête parlementaire sur les attentats de Paris, le responsable des renseignements intérieurs s'est aussi exprimé sur les lacunes et les difficultés auxquelles étaient confrontés ses services. D'abord, le chiffrement des moyens de communications, toujours plus difficiles à «casser» et à intercepter par les professionnels du renseignements. Pour Patrick Calvar, les 3 000 agents de la DGSI se heurtent «au quotidien au problème du chiffrement, à la multiplication des moyens de communication», notamment aux messageries comme Telegram ou Whatsapp.

Seconde difficulté : la justice française elle-même. Pour ne pas porter «atteinte aux droits de la défense», la DGSI ne peut «plus suivre ni intercepter les gens les plus dangereux dès lors qu'ils sont mis en examen ; à moins qu'ils soient impliqués dans un autre projet, qu'une autre enquête soit ouverte», précise Patrick Calvar. «Il est nécessaire de prévoir des mesures de contrôle judiciaire qui soient très fortes et appliquées à la lettre», a-t-il souligné.

Enfin, le responsable du renseignement intérieur a plaidé pour une généralisation des contrôles biométriques, estimant que les simples contrôles d'identité sont désormais dépassés. Ainsi, il explique : «Les identités n'ont de nos jours plus grande signification du fait des contrôles aléatoires et des possibilités de falsification grandissantes.»

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