Vives réactions au projet de loi de réforme du collège

Najat Vallaud-Belkacem Source: Reuters
Najat Vallaud-Belkacem

Le projet de loi de Najat Vallaud-Belkacem fait ressortir le vieux débat gauche-droite sur la conception de l’éducation, entre égalité et élitisme. Il y a eu beaucoup de réactions, de tous les bords de l’échiquier politique, en voici un florilège.

Dans sa proposition de réforme du collège, la ministre de l’Education Najat Vallaud-Belkacem a pour objectif de lutter contre les décrochages et les inégalités pour ainsi proposer une école plus égalitaire. Dans les faits, cette réforme souhaite développer l’interdisciplinarité entre les matières et renforcer l’autonomie des établissements.

Depuis quelques jours, le débat fait rage sur la suppression des classes bilangues ainsi que des options latin et grec, l'autonomie des établissements et la refonte des programmes d'histoire.

La réforme présentée par la ministre de l'Education n'a pas laissé de marbre plusieurs personnalités de l'opposition.

Selon Luc Ferry, ex-ministre de l'Education, «la réforme des programmes scolaires va décérébrer des innocents».

Luc Chatel, lui aussi ex-ministre de l'Education, prédit le «fiasco» de cette réforme. Lors d'une intervention sur France Info, il a ainsi prévenu : «nous alertons, nous nous mobilisons parce que nous considérons que les vraies valeurs de l’école sont en danger avec cette réforme, c’est-à-dire l’élitisme républicain».

Florian Philippot, numéro deux du FN, conseille à la ministre de l'Education de retirer sa réforme. Dans une interview sur Sud Radio il s'est emporté : «Les Lumières, l'humanisme, mais aussi l'apprentissage de la chrétienté, tout cela est optionnel, alors que l'apprentissage de l'islam, la traite négrière, tout cela est obligatoire. Au moins les choses sont claires : il faut détruire le roman national, apprendre à nos enfants que la France ce n'est pas bien».

Bruno Le Maire, député de l'Eure et ancien ministre de l'Agriculture, a lui mené une pétition recueillant 237 signatures dans les rangs de l'Assemblée pour faire retirer le projet de loi. Dans cette lettre, il qualifie la réforme de «naufrage pour notre Nation», les signataires dénoncent «une majorité de gauche qui propose de couper la langue française de ses racines en réduisant l'enseignement du latin à de simples notions de civilisation».

Nicolas Sarkozy, ancien président de la République a pour sa part jugé «détestable» la réforme des programmes scolaires présentée par la ministre de l'Éducation nationale. Pour lui, «la gauche a tourné le dos à toutes les valeurs républicaines». «Au nom de l'égalitarisme, ils ont construit l'école de l'injustice», l'école est ainsi devenue «l'otage de quelques idéologues experts en pédagogisme», a-t-il vertement critiqué.

La ministre de l'Education garde le soutien de la majorité avec en premier lieu celui du Premier ministre Manuel Valls, ainsi que celui de Jean-Christophe Cambadélis qui a, dans une lettre ouverte à Bruno Le Maire, s'est moqué de la «radicalité» de ce dernier.

Christiane Taubira, l'actuelle Garde des Sceaux, se montre solidaire avec sa collègue ministre de l'Education. Elle-même avait été la cible de nombreuses attaques lors de sa réforme de la Justice. 

François Hollande pour sa part, a invité mercredi à l'occasion du conseil des ministres l'ensemble du gouvernement à soutenir la réforme. «Le président de la République soutient (la réforme) et a demandé à tous les membres du gouvernement (leur) soutien», a déclaré M. Le Foll à l'issue de la réunion. «Il faut qu'il y ait une cohérence et un soutien de l'ensemble du gouvernement», a-t-il ajouté.

Même si certaines personnalités de gauche restent sceptiques, comme Julien Dray qui prédit un million de personnes dans la rue.

Les enseignants ont jusqu'au 12 juin pour donner leur opinion sur ce projet de réforme, avis qui pourront aboutir à des amendements. La ministre de l'Education prévoit l'application de ces nouveaux programmes pour la rentrée 2016.

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